Article complet du vendredi 23 juin 2017 :

CLINIQUE OBSTÉTRICALE - II

 

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• Richard-Alain JEAN, « Clinique obstétricale égyptienne - II . Inspection de la face et des yeux», dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 23 juin 2017.

 

 

 


 

 

 

 

 

CLINIQUE OBSTÉTRICALE ÉGYPTIENNE - II

INSPECTION DE LA FACE

ET DES YEUX

 

 

Richard-Alain JEAN

 

 

          Nous avons vu dans l’exposé clinique précédent que l’examen de la femme commençait tout naturellement – comme pour nous aujourd’hui, tout au moins en ce qui concerne les médecins qui ont encore conservé les anciennes pratiques traditionnelles avant de prescrire un biologie complémentaire – par une observation du visage, des yeux, de la peau et des vaisseaux, qui se continuera au niveau des membres supérieurs, puis de la poitrine. Ces deux premiers articles traiteront donc des aspects particuliers que peuvent prendre les yeux, les téguments de la face, puis, les téguments et des parcours vasculaires correspondants. Pour les seins, je renverrai dans un premier temps à notre étude :

         R.-A. Jean, A.-M. Loyrette, La mère, l’enfant et le lait en Égypte Ancienne. Traditions médico-religieuses. Une étude de sénologie égyptienne (Textes médicaux des Papyrus du Ramesseum n° III et IV), édité par S. H. Aufrère (Textes et Documents de la Méditerranée Antique et Médiévale), Collection Kubaba – Série Antiquité – Université de Paris 1, Panthéon Sorbonne, L’Harmattan, Paris, 2010, « Seins et grossesse (p.Kahun 26. 3, 12-14 et p.Berlin 196. Vs 1, 9-11 » p. 255-266, et « L’examen des seins » p. 237-253.

         Nous aborderons ensuite successivement la suite logique de ces inspections, puis, les examens complémentaires diagnostiques et pronostiques de la grossesse, où sont parfois aussi mêlés des indicateurs théoriques du sexe fœtal, comme par exemple dans le premier texte que nous allons ici étudier (pKahun UC 32057 - 31. 3, 23-24). Je récapitulerai ultérieurement ces derniers pronostics.

 

 


 

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         1. L’inspection de la face et des yeux

 

         Si la face est le premier endroit du corps visible et observable dans tous ses détails, les yeux en sont naturellement les organes les plus remarquables. Je commencerai donc par reprendre les textes concernant l’examen de la femme par cette inspection haute.

 

         1.1. Les multidéterminations pronostiques

 

         Le premier texte qui doit être signalé correspond à une triple détermination, puisqu’il indique d’abord l’état général de la personne, puis comporte de plus un pronostic du sexe fœtal qui sera approfondi ailleurs, et, un pronostic de viabilité in utero porté après un examen des yeux qu’il faudra comparer avec les deux autres textes suivant avec leurs discussions cliniques.

 

         1.2.1. pKahun UC 32057 (lot VI.1) - 31. 3, 23-24 [1]

         Comparer avec : pCarlsberg VI 2, 1-3. Parallèle // yeux, (face), (aspect).

                                     pBerlin 198. vs. 2, 1-2. Parallèle // yeux, (face), (aspect).

 

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         23a Autre moyen (a)

         23b Si tu vois sa face (b) saine (et) en (toute) fraîcheur (c),

         23c mais si tu constates des choses sur elle comme [….] [….] (d)

         24a [elle accouchera d’un gar]çon (e).

         24b Si tu constates quelque chose à ses yeux (f), elle n’accouchera jamais.

 

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         (d) Par contre, si la femme présente un faciès différent, fatigué ou montrant peut-être aussi un « masque de grossesse » (Cf. infra pCarlsberg VI 2, 1-3), la proposition est inversée : elle est enceinte.

         (e) L’effort supplémentaire ainsi consenti est jugé plus apte à la mise au monde prochaine d’un être plus fort physiquement (un garçon) et donc absorbant plus de verdeurs (forces) créant ainsi une sorte de handicap supplémentaire visible sur la mère potentielle. Ici, « être encore vert », sous-entendu, « malgré le poids d’une grossesse », signifierait accoucher d’une fille dont la conception semble ainsi réputée moins gourmande – au point de conserver une certaine fraîcheur au teint de la mère. Ou bien, la femme n’est tout bonnement pas enceinte.

         (f) Probablement à comprendre un peu comme en pBerlin 198. vs. 2, 1-2 et en pCarlsberg VI 2, 1-3, mais cette fois, et c’est important, étendu à toute la « face » elle-même (23b) qui peut être dans certains cas pathologiques toute boursouflée. C’est le cas de l’hypertension artérielle gravidique. 

 

         Commentaire. – Deux notions importantes ressortent de ce texte : soit, une tentative de détermination du sexe fœtal devant un signe clinique particulier censé déterminer la naissance d’un garçon, puis très probablement d’un risque, soit, une description chronologique de l’apparition d’un œdème de la face dû à l’hypertension artérielle concomitante d’une ischémie de l’unité fœto-placentaire à partir de la vingtième semaine.

 

         • Détermination du sexe fœtal

         Dans ce texte, la naissance d’un garçon semble supposer des risques supplémentaires (23c-24a). En effet, seule la dernière proposition représente un pronostic positif en faveur de la naissance d’un enfant mâle. La consomption entraînant une modification du teint et correspondant à la gestation d’un fils relève bien entendu de la théophysiologie. Il faudra toutefois tenir compte d’éléments médicalement intéressants et nous étudions cette question par ailleurs. Il est peut-être aussi sous-entendu que la naissance d’une fille n’est cependant pas à exclure (23b) si d’autres signes décrits dans d’autres textes se révèlent positifs.

 

         • L'hypertension artérielle [2], la prééclampsie [3]

         La pression artérielle diminue au cours d’une grossesse normale. À ce point que lorsqu’une patiente présente une hypertension artérielle chronique, son traitement peut être diminué voire arrêté transitoirement, au moins jusqu’en fin de grossesse. Ce phénomène est un signe de bonne implantation.

         Quand l’hypertension artérielle (HTA) est chronique, elle peut être connue avant la grossesse. Des signes sont alors perçus avant la vingtième semaine. Elle récidive de plus en plus tôt lors des grossesses ultérieures. L’hypertension artérielle gravidique (HTAG), quant à elle, apparaît à partir de la vingtième semaine. Elle peut se compliquer, le plus souvent chez la primipare sans antécédent [4], d’une prééclampsie (HTA + protéinurie) se manifestant extérieurement par un œdème d’apparition brutale ou rapidement aggravé [5]. Elle peut être sévère.

 

 


 

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Le texte que nous étudions ici évoque probablement la recherche d'une prééclampsie dans la mesure où la chronologie d’une modification anormale de la face semble apparaître après une description de son intense fraîcheur. Dans ce cas, l’œdème généralisé est blanc, mou, indolent, donnant le signe de la bague aux membres supérieurs (contrairement à l’aspect rouge d’un érythème palmaire susceptible d’être constaté à l’occasion de l’examen pratiqué, nous le verrons, en pBerlin 197. vs. 1, 11-13), et, prenant le godet aux membres inférieurs, même quand il est malléolaire discret et vespéral. Il peut gagner aussi l’abdomen, surtout dans sa partie suspubienne en laissant l’empreinte des plis du drap. De plus, pour les anciens cliniciens, « la bouffissure de la face, le gonflement des paupières donnent à la femme un faciès spécial qui attire tout de suite l’attention » [6]. Cet œdème est à différencier d’un autre prenant le godet et localisé, lui, aux hanches et aux membres inférieurs mais disparaissant aisément après une cure de décubitus latéral gauche, exercices et élévation des jambes. Actes que réalisent souvent spontanément les femmes [7]. Nous savons que 5 à 10 % des femmes enceintes font des HTA, et que 10 % se compliquent de prééclampsie. Or, l’HTA est une des premières causes de morbidité et de mortalité périnatale et maternelle. Environ 18 % des morts maternelles semblent dues aux complications, ainsi que 23 % des retards de croissance intra-utérins et 20% de la prématurité en général.

         Hippocrate traitera de l’œdème pathologique de la grossesse (Airs, Eaux, Lieux VII, 6 [8] ; De la Superfétation, 17 [9] (οἴδημα). J’en reparlerai en pathologie obstétricale.

 

         2. Inspection des yeux

 

         Cette fois ci, l’examen spécialisé se portera exclusivement au niveau des yeux. Et il aura ceci de particulier qu’il sera comparatif d’avec les yeux d’autres personnes prises à témoin. La femme peut encore à ce moment parfois ce plaindre de céphalées oculaires.

 

         2.1. Les monodéterminations pronostiques

 

         Contrairement au premier texte examiné, d’autres propositions complémentaires se limiteront à un examen comparatif ne qui ne débouchera que sur un pronostic de viabilité in utero.

 

         2.1.1. pBerlin 3038 (Vs I 12 - II 6) - 198. vs. 2, 1-2 [10]

         Comparer avec : pCarlsberg VI 2, 1-3. Parallèle // yeux, (aspect), (éclairage), (étrangers).

                                     pKahun 31. 3, 23-24. Parallèle // yeux, (face), (aspect).

 

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         1a Autre (moyen de) constater :

         1b Tu dois faire en sorte qu’elle se tienne dans l’embrasure d’une porte (a).

         1c Si tu trouves que ses yeux (b) ressemblent, l’un à celui d’un Asiatique,

         1d l’autre à celui d’un Nubien (c), 2a  elle n’accouchera pas.

         2b Si (tu) les trouves d’une même carnation (d), elle accouchera.

 

         Notes. – (a) La femme est invitée à se tenir debout dans l’embrasure d’une porte. Cette méthode d’examen semble privilégier une forme particulière d’éclairage. Elle doit être vue en lumière solaire rasante. Des procédés d’expositions comparables sont très utiles de nos jours pour observer certains détails d’une œuvre artistique (pour l’examen d’effigies avec ces méthodes, voir par exemple : S. Pagès-Campagna, A.-S. Le Hô, in, M.F. Aubert, R. Cortopassi, G. Nachtergael, V. Asensi Amorós, P. Détienne, S. Pagès-Campagna, A.-S. Le Hô, Portraits funéraires de l’Égypte romaine, II, Paris, 2008, p. 42-45). Les dermatologues utilisent de nos jours une lampe à ultraviolets émettant ce qu’il est convenu d’appeler une lumière de Wood. 

         (b) Comme dans le pCarlsberg VI 2, 1-3, il s’agit mieux ici, dans ce contexte obstétrical, d’observer les « yeux » (jrty) pris dans leur ensemble, et non pas les « prunelles ». Cette dernière expression, comme en français (Robert, 1970, p. 1418-1419), peut tout à fait désigner l’iris ou la pupille. De plus, chez les yeux bruns, la pupille se confond aisément avec l’iris dans un noir profond. La « prunelle » (f, « wnt » ou « stt » jmt jrt) n’est mentionnée dans aucun de ces deux textes. Les deux régions sont en fait comparées l’une à l’autre, comme à la recherche d’une symétrie de conformité. Il semble donc bien s’agir des yeux et des régions périoculaires comprenant les paupières (ʿwj n jrt), les tempes (m3ʿ), le front (dhnt) dans sa partie inférieure juste au-dessus des sourcils (jn), le nez dans sa partie haute (arrête et ailes) puis les pommettes (mnt). Comparer avec le mot mnt [11] « joues » (d’où la « face » divine), avec l’expression mnt [12] « le globe oculaire » mais aussi « les yeux en général ». Pour une expression grecque comparable dans le même contexte obstétrical et désignant des macules noirâtres courant à la surface des yeux, voir Soranos I, 14,60 [13]. Encore en français, un œil désigne bien le globe oculaire et ses annexes. Des expressions comme « fermer un œil » ou « des yeux bouffis » le montrent bien (Robert, 1970, p. 1179 ; 183). Pour plus de détails, on se reportera à : R.-A. Jean, « L’ophtalmologie en Égypte ancienne », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, (en préparation). Cette région semble ici comparable à celle pouvant être recouverte par un loup, et donc une hémiface supérieure.

         (c) Asiatique (ʿ3m), Nubien (Nsy), c’est-à-dire des étrangers. Ici, les yeux sont à comparer à ceux – jugés d’apparences différentes – de personnes d’origines diverses et exotiques. En réalité, cela consiste à rechercher si leur aspect général est habituel ou non, puis comparable entre eux ou non. Soit ils sont tous les deux d’aspect habituel, soit ils sont ensemble ou non d’un aspect inhabituel. S’ils sont tous deux d’un aspect habituel, le pronostic est négatif. Si l’un est différent de l’autre – c’est-à-dire non symétrique – le pronostic est négatif. Par contre, s’ils ont un aspect inhabituel et ceci d’une façon symétrique, le pronostic est positif. Nous verrons que ceci est compatible avec la clinique.  

 

 


 

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         2.1.2. pCarlsberg VIII B+C - VI. 2, 1-3 [14]

         Comparer avec : pBerlin 198. vs. 2, 1-2. Parallèle // yeux, (aspect), (éclairage),

                                     (étrangers).

                                     pKahun 31. 3, 23-24. Parallèle // yeux, (face), (aspect).  

 

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         Autre (moyen) de distinguer (a) (une femme qui) accouchera [d’une femme qui

           n’accouchera pas].

         2a Tu dois faire en sorte que la femme se tienne dans l’embrasure de sa porte [….] 

         2b Tu dois observer auprès de ses yeux.

         2c  Si tu vois que […] (b), 3a l’autre étant comme celui d’un Nubien,

         3b  elle n’accouchera jamais.

         3c  (Par contre,) si [tu] les [vois] de [la même] carnation, alors, elle accouchera (c).

 

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         Commentaire. – Cet examen clinique direct effectué en jouant avec la lumière du soleil en partant d’une zone d’ombre et en allant vers une autre en jour frisant peut mettre en relief des phénomènes ophtalmologiques et dermatologiques de contraste participant aux modifications physiologiques maternelles [15].

         • Ophtalmologie [16]

         Certaines altérations consécutives à l’imprégnation hormonale due à la grossesse peuvent avoir été décrites subjectivement par la femme (pKahun 1. 1-1,5). C’est le cas de troubles de la vision avec une myopie survenant en fin de grossesse (à partir de la trentième semaine), et de troubles de l’accommodation avec une presbytie transitoire gravidique susceptible d’ailleurs de persister pendant l’allaitement [17]. Le médecin quant à lui peut à l’examen relever un ptosis modéré des paupières, puis, un œdème du visage, des paupières en particulier, et ceci dans cinquante pour cent des cas [18] (il ne prend pas le godet). Notons que ce dernier prédomine nettement le matin et disparaît en post-partum. Cette modification physiologique est symétrique. Cet œdème touche aussi les extrémités inspectées par le médecin (Cf. pBerlin 197. vs. 1, 11-13 pour les membres supérieurs.) Un phénomène local unilatéral n’a pas de valeur pronostique. D’autres problèmes ophtalmologiques peuvent survenir, de façon asymétrique et pathologique. Par exemple un nævus d’Ota correspond à une pigmentation unilatérale congénitale bénigne pouvant intéresser la sclère, l’uvée et les paupières. Les femmes risquent alors davantage de développer des mélanomes intra-oculaires dont la fréquence est augmentée durant la grossesse probablement sous l’effet de la MSH [19]. La survie à cinq ans reste à soixante et onze pour cent. On peut encore noter une sécheresse de la conjonctive et noter parfois des céphalées oculaires (pKahun 6. 20-22 ; 16. 2, 22-25). Des conjonctives et des sclérotiques jaunes signaleraient un ictère, ou trop blanche une anémie.

         • Dermatologie [20]

         Nous avons déjà évoqué l’œdème des paupières. Un autre phénomène bien connu est caractérisé par un « masque de grossesse » se développant tout de même dans cinquante à soixante-dix pour cent des cas avec une prédominance d’autant plus importante que la peau est mate [21]. Il accompagne une hyperpigmentation corporelle localisée aux aréoles mammaires (Cf. Jean, Loyrette, 2010, p. 56-57 et 237-240), aux régions ano-génitale, périombilicale et sur la ligne médiane abdominale devenant la linea nigra. Cette dernière manifestation physiologique est observée chez quatre-vingt-dix pour cent des gestantes avec encore un effet naturellement plus marqué chez les femmes présentant un phototype foncé. Les hormones ovariennes, œstrogènes et progestérone, peuvent donc, très probablement, comme la stimulation lumineuse, entraîner des hypermélanoses épidermiques (par hypermélaninose correspondant à une augmentation de la synthèse et de la distribution de la mélanine aux kératinocytes.) Le mélasma disparaît le plus souvent après l’accouchement, au retour de la menstruation. Il peut cependant persister. Bien que ces modifications soient variables d’une femme à l’autre et d’une grossesse à l’autre, ces altérations peuvent constituer, à plus forte raison chez l’Égyptienne brune, un bon indicateur. Des taches asymétriques éparpillées et d’autres natures ne seraient pas d’un pronostic évocateur. En effet, le mélasma [22] ou chloasma peut apparaître tôt au cours d’une gestation (généralement vers le troisième mois), il s’intensifie au fur et à mesure, et encore d’autant plus que l’exposition solaire restera importante. L’hyperpigmentation peut varier d’une teinte chamois à brune foncé, maculeuse, irrégulière « en carte de géographie », bien limitée et de disposition symétrique. Le « masque de grossesse » peut chez l’Européenne prendre trois formes : une forme malaire, une forme mandibulaire, enfin une forme centro-faciale avec atteinte du bas du front, des pommettes, de l’arête et des ailes du nez, et parfois mais plus rarement, de la lèvre supérieure et/ou du menton.

 

 


 

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En Afrique du Nord, la forme centro-faciale supérieure et dessinant une sorte de loup est fréquente (Fig. 2-3 et 5-6). Elle s’étend ainsi volontiers sur le front mais en restant à distance du cuir chevelu, sur les régions sus-orbitaires, elles doublent les sourcils suivant un trajet curviligne, sur les tempes et les pommettes, sur la région intersourcilière et sur la partie supérieure de l’arrête nasale. Il ne provoque ni érythème, ni desquamation, ni atrophie, ni prurit [23]. Les macules pigmentaires sont accentuées par certaines longueurs d’onde, comme la « lumière noire ». Ainsi, un examen en lumière de Wood permet maintenant de préciser la topographie du pigment mélanique et de distinguer quatre types de mélasma [24]. Le type I épidermique est mis en évidence par l’observation d’un important contraste entre la zone hyperpigmentée brun caramel et le tégument normal. Quand la mélanine est localisée dans les mélanophages du derme, la coloration brun gris n’est pas accentuée par la lumière de Wood. Aujourd’hui cet examen se pratique à l’abri de la lumière, dans une pièce noire et avec une lampe à ultraviolets d’environ 365 nanomètres [25].

 

 

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         3. Les dermographismes

 

         Un curieux phénomène récidivant parfois à chaque grossesse – au point qu’il a pu permettre de déceler l’état de gravidité avant tout autre symptôme [28] – est capable d’apparaître le plus souvent au niveau du front, après conservation des traces procurées par le passage des doigts ou des ongles mêmes de la femme, par exemple à la suite d’un grattage. Les téguments cutanés et muqueux en gardent alors assez souvent des stigmates anormaux sous une forme blanche crayeuse, ou rose saillante hypertrophique, et sur une durée de vingt minutes à plusieurs heures (Fig. 16). Ces formations peuvent également être visibles dans le dos, ou plus rarement se généraliser. Il s’agit d’un dermographismes [29] dû à un urticaire physique surtout lié à la libération d’histamine et de sérotonine dans la peau après une activation transitoire mastocytaire IgE-dépendante [30]. Nous avons donc une mécanique immunologique. Bien que spectaculaire pour l’entourage, cette affection qui ne s’accompagne pas de prurit est bénigne et disparaît généralement assez vite après l’accouchement.

 

 

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         4. Inspection générale de la tête

 

         Les cheveux sont assez souvent à noter plus secs, plus difficile à entretenir, et avec quelquefois dans les ethnies blanches à peau brune, une certaine tendance à produire des mèches frisottées rêches plus claires à type de formes crépues. Et ceci, notamment en Afrique du Nord, donc en Égypte même et dans son Empire. Ils peuvent devenir clairsemés pendant toute la durée de la grossesse.

         On peut aussi parfois noter un léger hirsutisme de la face, ou plus étendu. J'y reviendrai.

 

         Les signes subjectifs :

 

         Au niveau neurologique, la femme peut donc se plaindre de céphalées, de céphalées oculaires, et, de somnolence diurne, de troubles du sommeil nocturne, de fatigue, modification du caractère, d’irritabilité inhabituelle. Les envies diverses et les dégoûts ont également une origine neurologique.

 

 


 

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         5. L’interprétation égyptienne

 

         Si l’on se reporte aux représentations des « peuples étrangers » dans l’art pharaonique, surtout à la période amarnienne, l’on notera immédiatement leurs aspects « différents » des Égyptiens eux-mêmes, et à plus forte raison, des Égyptiennes en particulier qui resteront plus proches des images classiques aux traits fins, aux yeux parfaits et allongés, et aux teintes claires. Seules les « pleureuses » seront montrées, et encore à peine, marquées – mais elles restent « semblables » à la norme. En revanche, par exemple les représentants des peuplades de Kouch, qui portent des noms expressifs comme : « les scarifiés », « les Néhésyou au visage brûlé », « les cheveux crépus » etc … sont traités de manière réaliste, voire naturaliste, ou caricaturés. En général, sur une tête noire ou plus ou moins foncée et trop grosse par rapport au reste du corps, on remarquera un front bas et présentant une forte arcade sourcilière, des yeux globuleux, un nez dont la racine déprimée se trouve trop épaté, des lèvres pulpeuses autour d'une bouche entrouverte, un menton reculé, et des rides accentuées … En somme, une sorte d’œdème irrégulier avec des yeux ressortant d’autant plus que la peau semble « brulée ». Les autres peuplades comme les asiatiques montrent au contraire des pommettes trop saillantes organisées autour d’un nez crochu et des rides de maigreur, ce qui fait des yeux trop grands et qui débordent un visage trop maigre … Donc, tous ces aspects inhabituels, symétriques, exagérés, et trop colorés, rappellent nombre de signes évocateurs d’une situation corporelle en mutation et bien visibles sur le visage (Fig. 7 à 16).

         Ainsi, un certain nombre de perturbations cutanées dues à la grossesse semble rappeler aux Égyptiens les faciès des étrangers, libres, assujettis ou prisonniers. Ils sont « différents », comme une femme peut paraître parfois à certains endroits, « différente », à cette occasion, que ce soit en teintes ajoutées, en motifs variables mais bien localisés, et/ou en éléments tridimensionnels superflus visibles selon diverses cartographies habituelles ou non. Dans la mesure où ces problèmes cessent peu après l’accouchement, ils sont donc réputés transitoires et suffisamment « étrange en apparence » pour être assimilés à des « figures » passagères, mais remarquables, auxquelles l’on peut accorder une valeur diagnostique (Tab. 1 et 2). Je renvoie également au tableau 1 dans : Richard-Alain Jean, « Clinique obstétricale égyptienne - I . Les examens de la femme », Angers, 2017.

 

         4. Interprétations postérieures immédiates

 

         Plus tard, Hippocrate, puis Soranos, signaleront bien également un masque de grossesse avec des éphélides (ἔφηλις) [31].

 

         Ainsi, voir Hippocrate - Des femmes stériles, 215 et 216 [32] :

 

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         215. « Si aucun autre signe n'indique qu'une femme est grosse, ces signes vous l'indiqueront : les yeux sont tirés et enfoncés, le blanc n'a pas sa blancheur naturelle, mais il paraît plus livide. Les femmes enceintes ont au visage des éphélides (ἔφηλιν) ... »

 

         Notons que pour Hippocrate, les éphélides pronostiquent la naissance d’une fille - Des femmes stériles, 216 : « Les femmes qui, enceintes, ont des éphélides (ἔφηλιν) au visage, sont grosses d'une fille, celles qui conservent un bon teint, le sont la plupart du temps d'un garçon. »

 

         Puis, Soranos traitera des « paupières verdâtres », des « macules noirâtres », et aussi des éphélides (ἔφηλις) de la femme enceinte [33].

 

 

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         6. ATLAS

 

 

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[1] M. Collier, S. Quirke, The UCL Lahun Papyri : Religious, Literary, Legal, Mathematical and Medical, Oxford, 2004, pl. UC 32057 (lot VI.1) h/v Part two (of two) - 31. 3, 23-24 (UC32057-page3-f-CE = 2 + UC32057-page3-f-LE = 3) = « Kahun V1.1 PL.VI Medical Papyrus, Page 3 » du Musée : Inv. UC32057.

[2] M. Beaufils, B. Haddad, F. Bavoux, « Hypertension artérielle pendant la grossesse : aspect physiopathologique et pronostic à long terme », », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-036-A-10.

[3] B. Haddad, M. Beaufils, F. Bavoux, « Prise en charge de la prééclampsie », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-036-A-20.

[4] Type I de la classification de l’American College of Obstetricians and Gynecologists : M. Hallak, « Hypertension in pregnancy », in D.K. James, P.J. Steer, C.P. Weiner et al., High Risk Pregnancy – Management Options, Philadelphia, 1972, p. 639-663.

[5] Soit la triade classique de l’ancienne « toxémie gravidique » : hypertension artérielle, protéinurie et œdème. Pour l’hypertension artérielle et la grossesse, voir maintenant : E. Mathieu, N. Berkane, E. Rondeau, S. Uzan, « Hypertension artérielle, lupus et grossesse » in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, op. cit. 2005, p. 554-567.

[6] P. Bar, A. Brindeau, J.Chambrelent, La pratique de l’art des accouchements, Paris, 1907, II, p. 111.

[7] Je l’ai également plusieurs fois entendu conseiller par des matrones africaines.

[8] Hippocrate, Airs, eaux, lieux, éd. Littré, vol. II, Paris, 1840, n° 7, et p. 29 ; éd. J. Jouana, Les Belles Lettres, Paris, 2003, VII, n° 6 p. 201.

[9] Hippocrate, De la Superfétation, éd. Littré, vol. VIII, Paris, 1853, n° 17, p. 484 et 486, 485 et 487.

[10] W. Wreszinski, Die Medizin der alten Aegypter ; vol. 1 : Der grosse medizinische Papyrus des Berliner Museums (Pap. Berlin 3038), J.C. Hinrichs’sche Buchhandlung, Leipzig, 1909-1913, (Vs I 12-II 6) n° 197 p. 47.

[11] Wb. II, 93,10 ; Lefebvre 1952, § 14 p. 14-15 ; Alex. 77.1756 « les joues », 79.1252 (d’où « la face » divine) ; Walker 1996, p. 269 « cheek » (joue) ; Hannig-Wb. I - 13164, &, II,2 - 13156 « Wange » (joue) ; Cauville 1997, III, p. 215, dans l’expression rdj r.t r mn.ty « se voiler la face » ; Takacs, III, 2007, p. 348-350.

[12] Wb. II, 93,11-14 ; Lefebvre 1952, 18 p. 17 ; Alex. 77.1757 « le globe oculaire, les yeux », 78.1762 (sb mntj « aux yeux fardé ») ; Walker 1996, p. 269 « ? eyeball, ? eyelid » (globe oculaire, paupière).

[13] Burguière, Gourevitch, Malinas, 1988, p. 42 et note 168, p. 85-86.

[14] E. Iversen, Papyrus Carlsberg No. VIII. with some remarks on the Egyptian origin of some popular birth prognoses, København, 1939, p. 24-26 et pl. II : fragments B+C (C1+B2+C2+B3+C3) ; H. von Deines, H. Grapow, W. Westendorf, Grundriss der Medizin der alten Ägypter, IV, Berlin, 1958, p. 273, 275-276, 268 ; H. Grapow, Grundriss der Medizin der alten Ägypter, V, Berlin, 1958, p. 469, 473-475, 478 ; Buchheim, Liselotte, "Das "Buch von den Augen" und die Geburtsprognosen. Zwanzig Jahre Papyrus Carlsberg VIII", Die medizinische Welt, 15, 1960, p. 787-788.

[15] A. Fournié, A. Laffitte, O. Parant, P. Ko-Kivok-Yun, « Modifications de l’organisme maternel au cours de la grossesse », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-008-A-10. J.-L. Thoulon, « Petits maux de la grossesse », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-012-A-20.

[16] Voir par exemple : S.Y. Cohen, « Œil et grossesse », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-048-G-10.

[17] C. Parc, A. Brézin, « Ophtalmologie et grossesse », in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, Traité d’obstétrique, Paris, 2005, p. 662-663.

[18] N. Franck, J.P. Escande, « Dermatologie et grossesse », in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, op. cit. 2005, p. 667. 

[19] C.L. Schields, J.A. Schields, R.C. Eagle, et al., « Uveal melanoma and pregnancy », Ophtalmology, Rochester, 98, 1991, p. 1667-1673.

[20] Voir par exemple : D. Roger, J.-L. Boudrie, L. Vaillant, G. Lorette, « Peau et grossesse », in : EMC, Obstétrique, III, Paris, 2008, p. 5-038-A-10.

[21] N. Franck, J.P. Escande, « Dermatologie et grossesse », in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, op. cit. 2005, p. 666-667.

[22] Nous devons préférer le mot mélasma (du grec μέλας, noir) au mot chloasma (du grec χλωρόν, vert) qui servait autrefois à désigner les pigmentations localisées et dues à divers facteurs chimiques, physiques ou mécaniques. Voir aussi : D. Lipsker, P. Boeckler, « Hyperpigmentations », in EMC, Dermatologie, II, Paris, 2006, p. 98-580-A-10.

[23] R. Degos, Dermatologie , Paris, 1969, p. 96-98.

 

 


  

19

 

[24] P.A. Burke, H.I. Maibach, « Exogenous ochronosis : an overview », J Dermatol Treat, 1997, 8, p. 21-26.

[25] Notons que cette lampe optimisée délivre des ondes dans la bande des « UV proches » (380-200 nm), faisant donc partie des UV-A 1 longs (340-400 nm). Les UVA (320-400 nm) composent 98% des UV arrivant sur la surface de la terre. Or, l’ensoleillement reçu au sol est la résultante du rayonnement solaire direct, de la lumière diffusée du ciel et de la réflexion du sol. Un sol de village égyptien (situé du 24e au 31e de latitude Nord) pourrait réfléchir en moyenne et hors position zénithale environ 20% des UV (avec un albédo de 5 à 16% pour un sol de cendre, de 16% pour un sol de terre et de 25 à 30% pour un sol de sable). Il faut aussi savoir que l’albédo dépend non seulement de la propriété physico-chimique de la surface (nature du sol), mais aussi de l’angle d’incidence des rayons solaires. Ainsi, un angle direct (~90°) donne moins de réflexion – l’albédo est faible. Un angle oblique (~30°) donnera plus de réflexion – l’albédo est fort. Cependant, selon le Professeur Marc Henry (communication personnelle, juillet 2008), il faut toutefois modérer cette remarque dans la mesure où la notion d’albédo ne s’applique en toute rigueur qu’aux corps suffisamment étendus pour que leur composition chimique soit constante et sans absorption dans la gamme du visible (400-800 mn). Il faudrait mieux alors parler de variation du coefficient de réflexion en fonction de la longueur d’onde qui varie, nous l’avons vu, fortement avec la composition chimique exacte du sol. Ici, seule une mesure optique sur un échantillon du sol concerné donnera la réponse. Cette mesure peut être pratiquée par un laboratoire spécialisé en spectroscopie optique des poudres.

[26] Voir par exemple : Lexa 1925, III, pl. LXVII, fig. 144. Voir aussi au sujet des « têtes de remplacement » : R. Tefnin, « Entre art et magie, les têtes dites de remplacement sous l’Ancien Empire », Cinquième congrès International d’Egyptologie, Le Caire, 1988, p. 268 et communication personnelle (novembre 1988).

[27] Je ne tiens pas compte ici du lupus érythémateux qui peut entraîner des pertes fœtales généralement à partir de la vingtième semaine (avortement spontané avant la vingtième semaine, décès in utero après) dans la mesure où il existe d’autres signes importants. Voir par exemple : E. Mathieu, N. Berkane, E. Rondeau, S. Uzan, « Hypertension artérielle, lupus et grossesse » in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, op. cit. 2005, p. 564-567.

[28] P. Bar, A. Brindeau, J.Chambrelent, La pratique de l’art des accouchements, Paris, 1907, II, p. 93.

[29] M.P.T. Barthelemy, Étude sur le dermographisme ou dermoneurose toxivasomotrice, Paris, 1893. L.R. Müller, « Studien über den Dermographismus und dessen diagnostische Bedeutung », Journal of Neurology, 47-48, 1,‎ 1913, p. 413-435.

[30] Voir par exemple : A. Maharajan, C. Aye, R. Ratnavel, E. Burova, « Skin eruptions specific to pregnancy : an overview », dans The Obstetrician & Gynaecologist, 2013, 15, p. 233-240.

[31] Il ne s’agit pas d’un « lentigo » : terme anciennement usité en médecine et repris par Littré.

[32] Hippocrate, Des maladies des femmes III, éd. Littré, vol. VIII, Paris, 1853, n° 215-216, p. 416 et 417.

[33] Soranos d’Éphèse, Maladie des femmes, I, éd. Burguière, Gourevitch, Malinas, 1988, p. 42, et note 168, p. 85-86.

[34] Pour être bien comprises, les lignes 2 et 3 de ce tableau peuvent être comparées à la « classification de la de la Société Internationale de l’Étude de l’Hypertension au cours de la Grossesse (SIEHG) », à voir par exemple dans : E. Mathieu, N. Berkane, E. Rondeau, S. Uzan, « Hypertension artérielle, lupus et grossesse » in : D. Cabrol, J.-C. Pons, F. Goffinet, op. cit. 2005, tab. 55-1 p. 555.

 

 

  


 

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