Article complet du samedi 25 juin 2016 :

ANATOMIE - LE BASSIN DE L'HOMME - ATLAS (2) - La circoncision

 

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• Richard-Alain JEAN, « Anatomie humaine. Le bassin – VIII. L’appareil génito-urinaire de l’homme - Atlas (2), Atlas chirurgical - La circoncision », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 25 juin 2016. 

 

 

NB : Je ne suis pas parvenu cette fois à convertir les appels de notes en chiffres arabes !

(Problème de compatibilité Word-Site)

 

 


 

 

 

 

 

 

ANATOMIE HUMAINE

LE BASSIN – VIII

L’APPAREIL GÉNITO-URINAIRE DE L’HOMME

ATLAS (2)

ATLAS CHIRURGICAL

LA CIRCONCISION

 

 

Richard-Alain JEAN

 

 

 

          Après un bref rappel anatomique concernant la partie à opérer, je m’attacherai ici à décrire les techniques chirurgicales égyptiennes de circoncisions [i].

         Nous verrons que la plus ancienne version radicale remonte au roi des dieux, mais que les médecins dans leurs exercices, au fil des millénaires, préférèrent indiquer plusieurs autres techniques de plus en plus élaborées. En réalité, nous trouverons d’abord plusieurs types d’incisions simples, avant de découvrir le recours à plusieurs manœuvres d’ablations circulaires différentes. Ces dernières étaient plus complexes à réaliser et devaient donc être entreprises par des praticiens compétents.

         Ainsi, nous assisterons à une progression des actes – puis à un retour archaïque, et pour un temps assez long, d’un geste plus rapide mais efficace et total – pour finalement, avec la modernité, revenir progressivement à une intervention que les chirurgiens pharaoniques avaient inventée et perfectionnée aux époques les plus brillantes. En plus, l’anesthésie générale permet de nos jours de réaliser une suture secondaire parfaite en bloc opératoire.

         Enfin, nous terminerons ce parcours avec la description raisonnée de l’insensibilisation locale.

 

 


 

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         1. Rappel anatomique

 

 

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                                                          (Conception de la page © R.-A. Jean)

 

 


 

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         La Chirurgie

 

         2. Lexicographie

 

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         3. Techniques

 

         Il existe plusieurs techniques chirurgicales, dont celles pratiquées autrefois en Égypte. Je n’aborderai ici que les techniques opératoires qui étaient de qualités inégales si l’on en juge par les résultats obtenus et visibles dans l’art. Car, si cette chirurgie a été répandue, les modes opératoires utilisés ne le furent pas sans distinctions d’origines ou de classes sociales. Pour l’origine, se reporter à l’état des membres des ennemis des Époques Prédynastiques : ils ne reçurent qu’une simple incision supérieure qui libère le gland et laisse libre une bande préputiale inférieure. Cette courte façon d’opérer se retrouve aussi très souvent chez les bateliers, les pêcheurs, ou les ouvriers agricoles égyptiens. Le lambeau préputial se rencontre alors plus ou moins bien conservé, de grande taille, latéralisé [vii], plus ou moins rétracté, probablement aussi après examen attentif, partiellement préservé – sans que nous en sachions bien entendu la raison, mais cette sauvegarde incomplète provient d’un geste trop rapide et maladroit, d’un arrachement accidentel, et bien sûr d’une infection maîtrisée. Pour les ablations en nombres effectuées au sortir de l’adolescence, parfois comme nous le disent les textes par contingents de 120 hommes (Stèle de Ouha), les opérateurs devaient nécessairement intervenir promptement. Cette technique le permettait. Afin de reconnaître les autochtones, aussi bien de leur vivant – que pour distinguer leurs dépouilles de celles des ennemis laissées sur les champs de batailles, et que l’on pouvait être amené à comptabiliser, les militaires ont peut-être aussi tenté de préconiser deux manières de marquages. C’est-à-dire, d’autres façons toutes aussi sommaires de pratiquer cette intervention, par exemple, mais on la trouve rarement, avec une incision basse (Mastaba de Mérêrouka) [viii]. La simplicité de ces techniques avait pour avantage de ne pas mobiliser un chirurgien expérimenté. Et donc un aide, voir un étudiant pouvait faire l’affaire pour le plus grand nombre. Puis, un étudiant avancé très expérimenté dans l’art, habile (mww), donc une sorte d’interne [ix], pouvait avec un titre particulier comme celui de m(w)-k3 (un prêtre funéraire habilité à cette chirurgie rituelle), se consacrer plus longuement aux jeunes nobles qui deviennent officiers, et, aux fils de familles, comme nous l’indique le relief du mastaba d’Ankhmahor. Il va sans dire que dans ces cas particuliers l’on prenait grand soin d’appliquer une méthode éprouvée par des expériences antérieures. De ces observations naquit une procédure circulaire en deux incisions, puis, une autre plus facile réduite à une section, et mettant totalement à nu le gland qui peut alors s’exprimer d’une manière plus élégante au grand profit de son possesseur et à moindre coût pathologique. Si très probablement les rois et les princes, à la recherche de l’intervention parfaite sur le modèle divin, ne confièrent leur organe qu’à leur médecin personnel (assez souvent un chirurgien qui servit aux armées) – nul doute que ces derniers praticiens experts surent transmettre leurs connaissances au sein du Palais qui est la pépinière des spécialistes. La simplification et l’ajustement de l’acte lui-même sera repris par les hébreux.

 

 


 

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         3.1. La posthotomie

 

         La « posthotomie [x] » correspond à un acte plus simple que la « posthectomie » ou circoncision vraie. Elle consiste à pratiquer seulement une ou deux incisions parallèles au frein ou une incision simple du prépuce à ce niveau. Cette méthode a par exemple été proposée en Bretagne en 1867 en remplacement de la circoncision juive par le Docteur Chassaniol – même s’il prit cet exemple musulman dans un décret (fétam) des Quatre Muphtis de la Grande Mosquée du Caire lors de l’Expédition d’Égypte, et trouvé dans les Mémoires de Napoléon.

 

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         3.1.2. Le clivage ventrale linéaire bas et/ou excision ventrale

 

         Les Égyptiens, qu’ils soient ou non les inventeurs de la dernière pratique décrite précédemment, en tentèrent une autre en inversant la section qui devint inférieure (Fig. 8 a et b), et qui put prendre, probablement en raison de la présence du frein, une allure plus ou moins latéralisée et parfois cicatricielle compliquée. Elle ne perdurera pas, ou ne sera reprise que très occasionnellement.

 

         Pour cette intervention un peu moins facile, il s’agit :

 

         1) soit de pratiquer une incision ventrale simple du fourreau, très légèrement latéralisée et respectant le frein (solution la plus probable).

         2) soit de pratiquer d’emblée un excision emportant un lambeau triangulaire dont le sommet répond au frein et la base au bord naturel libre du prépuce. Il se forme un hiatus ventral visible. Cet espace à tendance à s’élargir et à laisser flotter latéralement les deux pendants de la peau résiduelle.

 

         Ce geste qui demande déjà un peu d’expérience a été décrit d’une certaine façon, et bien plus tard par Aulus Cornelius Celsus au tout début du 1er siècle (Livre VII, ch. XXV § 2,2) [xi] :

 

         1) - On fait en-dessous (du gland), à partir du sommet du prépuce, une incision droite jusqu’au filet. La partie supérieure du fourreau, ainsi relâchée, se laisse ramener en arrière.

         2) - Si cela ne suffit pas, à cause de l’étroitesse ou de l’état calleux du prépuce, il faut sur le champ retrancher de la partie inférieure, un triangle cutané, dont le sommet sera au frein et la base à l’extrémité du prépuce,

         Puis appliquer de la charpie et les autres remèdes …

 

         3.2. La péritomie

 

         La « péritomie », ou circoncision vraie, se caractérise par l’ablation totale du prépuce. Elle correspond à un acte interventionnel moins aisé à accomplir si on la pratique en plusieurs temps opératoires. En revanche, réduite à sa plus simple expression, elle s’avère très rapide à réaliser.

 

         3.2.1. Ablation annulaire en plusieurs temps peropératoires

 

         Cette méthode chirurgicale plus complexe et qui nécessite absolument un certain doigté s’effectue en deux gestes invasifs situés dans plusieurs temps, près, per, et post-opératoire :

 

 

          α) - incision dorsale longitudinale du prépuce avec une lame placée perpendiculairement, puis,

          β)   - section et ablation à droite et à gauche de deux lambeaux obliques,

                     ou, incision circulaire à partir de la base de la première et ablation d’un seul lambeau.

 

         Nous avons ainsi une circoncision plus longue à pratiquer, mais en anneau. Le gland se trouve ainsi découvert avec à son sommet un ‘V’ rétrobalanique cicatriciel – résultat de la réorganisation histologique fibroïde due au réafrontement de la muqueuse à la peau. Cette anomalie sera d’autant plus accentuée que le premier geste aura été plus étendu vers la racine (Fig. 16-17). L’idéal étant bien entendu d’obtenir une circoncision annulaire parfaite. Les chéloïdes ne sont pas exclues et elles restent donc un risque si l’opération n’est pas menée par un expert.

 

 


 

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         — C’est probablement l’intervention apparemment montrée partiellement dans le mastaba d’Ankhmahor et pratiquée après insensibilisation [xii] :

 

 

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         La lecture de ce tableau doit être précisée. En effet, les personnages sont inscrits en deux panneaux synthétiques et situés en dessous d’un texte à sens contrarié, plus un autre en situation moyenne intermédiaire. Si l’on veut rétablir la juste chronologie – qui ne peut s’écarter du texte – on est bien obligé de commencer par lire la partie concernant l’insensibilisation à droite, puis, de continuer par la mise en place de la surveillance à gauche, avant celle traduisant l’intervention invasive elle-même. Ainsi, si l’on se met à la place de l’opérateur dont l’acte est désigné au centre, on peut rétablir la logique des temps opératoires selon la technique chirurgicale employée à cette époque, et dont nous connaissons les résultats plastiques grâce à leurs diverses représentations dans l’art.

 

 


 

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         En voici le déroulement le plus probable. Il s’inscrit dans un cours d’images plus nombreuses que celles sculptées dans la pierre. En effet, le tableau ne montre que deux images en bas-relief. Cependant, ces deux scènes visibles en cachent d’autres intermédiaires finalement assez simples à restituer quand on récapitule au plus vite l’intervention donnée au centre.

 

         Ainsi, si l’on commence à droite, on remarque que le patient est impassible et que le praticien a en main un objet pointu. Je propose donc d’y voir un rasage cultuel (purification) doublé d’une prophylaxie anti infectieuse, et utile à l’anesthésie locale (Cf. infra). Car il s’agit d’un jeune adulte, donc normalement détenteur d’une toison pileuse correspondant aux caractères sexuels secondaires masculins dont nous avons déjà parlé. Cet acte important [xiii] n’est pas douloureux, et il ne nécessite pas de commentaire particulier à inscrire dans la pierre [xiv]. Il s’agit du premier temps (impair).

         Il faut ensuite continuer par le tableau de gauche. Un aide s’empare déjà du patient, même si il est un peu tôt pour le trop contraindre, car c’est le moment de laver après rasage, de désinfecter le champs avec l’une des solutions appropriées dont j’ai déjà montré que les médecins pharaoniques savaient les utiliser. Ce geste indispensable nécessite une éponge, de la charpie et des tampons. Ces objets sont le plus généralement de formes oblongues, comme ce qui est maintenant montré dans la main de l’opérateur. C’est à cet endroit que débute la surveillance exercée par l’aide situé derrière le patient. Surveillance d’autant plus active que le temps va s’écouler. On peut penser qu’à ce moment, un simple encouragement les mains sur ses épaules peut suffire. À cet instant, l’image ne reflète pas encore complétement visuellement la scène réelle sous-jacente. Mais cela n’est pas important, il faut simplement restituer un déroulement logique par phases successives de présentations établies dans la pensée du commanditaire – qui était prêtre, et qui pouvait être médecin avant son vizira. Il n’y a donc pas lieu d’inventer autre chose. Il s’agit du deuxième temps (pair).

         Il faut donc passer à l’image suivante, et pour se faire retourner sur le tableau de droite. Le texte situé en haut est clair (Fig. 10). Nous en sommes au stade de l’insensibilisation. Le prêtre-médecin détient encore, me direz-vous, un objet pointu. Rien de plus normal se faisant. En effet, si l’on s’accorde sur un phénomène d’anesthésie locale par réfrigération, par exemple à l’aide d’une pierre de Memphis, rien ne servirait de l’appliquer ex abrupto sur les sites d’incisions pour espérer en gagner quoi que ce soit (!) Pour que la physique cryogénique face son emploi, il faut bien entendu racler de la poudre à sa surface et l’étaler en couche épaisse sur le champ avant de l’imprégner de vinaigre. La main gauche isolée du praticien maintenant la face inférieure de la verge pour contenir la pâte (Cf. p. 23-24). Cette procédure nécessite : soit un racloir, ou un pilon, puis une spatule ; ou encore mieux : une lancette spatulée, c’est-à-dire, une lame métallique spéciale que j’ai décrite ailleurs [xv] (Fig. 21). Le patient semble confiant pendant cette phase, d’autant plus que l’opérateur lui confirme qu’il ne sentira rien, et qu’il en exerce la vérification à l’aide de la pointe de cet instrument adapté en piquant la peau du prépuce, ce qui ne déclenche pas de douleur. Il s’agit du troisième temps (impair).

         Il nous faut nous retourner maintenant sur le côté gauche pour enfin assister à la définition de la scène telle qu’elle est inscrite au centre, puis, en suivant le regard du chirurgien, observer la première incision, dorsale et longitudinale, pratiquée d’un coup sec et assuré avec une pierre très tranchante. La main gauche du praticien maintien toujours la face inférieure de la verge. Un peu avant, en craignant une réaction légitime mais dangereuse, l’aide s’est emparé des mains du sujet pour lui bander les yeux, de façon à ce qu’il ne gène pas le travail du médecin. C’est la raison pour laquelle le praticien requiert cette fois la contention de l’opéré, et déclenche la surveillance vitale en s’adressant oralement à son aide (Fig. 11). En effet, une défaillance est toujours possible, voir un syndrome vagal. Le garçon se tient derrière le patient de façon à le récupérer et à l’allonger si besoin. Cette fois, la représentation picturale est conforme à l’image que l’on peut attendre. Il s’agit du quatrième temps (pair).  

 

 


 

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         Ensuite de cela, il nous faut rapidement tourner la tête vers le côté doit pour comprendre la très preste section circulaire du prépuce, et qui est effectuée cette fois avec une lame pointue, couteau ou bistouri métallique très affuté. Car, une lame montée sur un manche distal et pour ce geste mieux appropriée. La main gauche du praticien s’emparant alors du bord libre du prépuce afin de le tendre pour faciliter l’opération de clivage. On peut aussi voir que le sujet, précédemment tout de même peu rassurer, constate qu’il ne sent que peu de chose. Et ceci, au point d’être apparemment lâché temporairement par l’aide, qui reste cependant à proximité immédiate, et sans complétement lever sa surveillance, car nous le retrouvons à la prochaine image dans la position initiale au plus proche. Ce dernier doit à présent préparer les prochains matériels afin de les servir (comme à chaque temps impair). Il s’agit du cinquième temps (impair).

         Naturellement, après cette suite de gestes invasifs et pour stopper l’hémorragie, il est d’usage d’avoir recours à une manœuvre de compression en utilisant de la charpie, des tampons, de laver avec un antiseptique, puis, d’appliquer un onguent gras imprégnant un pansement légèrement compressif. Tout ceci nous amène à nous retourner du côté opposé, à gauche, pour découvrir la partie conclusive avec le moment du pansement. Tous ces matériels ont une allure oblongue et sont entre les mains du praticien. Tout à coup, nous remarquons que l’opéré est à nouveau maintenu. En effet, le temps passant, les effets de l’insensibilisation disparaissent immanquablement, et la mobilisation devient sensible, car les chairs sont cruentées. C’est-à-dire que la couronne sous balano-préputiale est à vif. Il s’agit du sixième temps (pair).

         Pour terminer, à droite, nous assisterons enfin à la dernière partie de l’intervention, celle qui est dite post-opératoire, où l’on a l’habitude de contrôler le pansement dont la dernière bande a été sectionnée avec une lame, puis de vérifier que le patient va bien. Ce dernier semble d’ailleurs bien content que tout soit terminé (!) et que cela fût, en gros, et à-peu-près, « doux », comme le disait le texte situé juste au dessus du couple soignant-soigné – dont l’assimilation divine horienne durant l’opération pouvait être de nature à calmer aussi les choses, d’autant plus que le médecin fût également un prêtre du ka, dont le rôle est physiologique. Il s’agissait du septième temps (impair).

 

         L’intervention terminée, nous avons vu que dans ces détails, nous avions bien à faire à une véritable opération chirurgicale en plusieurs temps. Elle ne pouvait donc être exécutée que par un praticien compétent comme un chirurgien, ou à tout le moins, un médecin déjà expérimenté, quelque soit théoriquement son statut civil ou religieux, mais partant d’un geste rituel, donc ici un religieux.

 

         Reprenons les inscriptions :

 

 

 

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         (1) - Wb III, 425,8-426,8 ; Alex. 77.3393 « frotter, effacer », 78.3336 « oindre », aussi « faire disparaître » ; voir  Hannig-Wb I & II,2 - 26252 … puis 26262 « fortreiben, auslöchen » (faire disparaître, effacer) ; PtoLex. p. 800 « to rub (out) » (frotter sur), « erasing » (effacement). Ici, faire disparaître (la douleur potentielle), provoquer l’insensibilisation en appliquant une onction ou user d’un autre dispositif antidouleur local : pratiquer une « anesthésie locale ».

         (2) - Ad. Erman, « Reden, Rufe und Lieder », dans Gräberbildern des Alten Reiches, Verlag der Akademie der Wissenschaften, Berlin, 1919 p. 61, « wnnj : die zu operierende Stelle » (au point de l’intervention) ; Lefebvre 1956, p. 174 « ce qui sera (opéré) ».

 

 

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         Notes. – (1) - Wb V, 435,5 ; Alex. 78.4767 « s’évanouir » ; Hannig-Wb I - 38720 « bewusstlos werden » (devenir inconscient).

 

         Après chaque lecture, il faut se recentrer sur le chirurgien lui-même, véritable « pivot sémantique » de chaque image de la scène dont il restera le chef d’orchestre. En effet, selon cet axe, et il faudra sans cesse y revenir, avant de comprendre le déroulement logique de l’intervention ici présentée dans une cryptographie un peu comparable à la scène du temple de Mout, et qui n’était à l’époque que véritablement accessible aux initiés – tel Ankhmahor.

 

 

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         Notes. – (1) - Première solution de John F. Nunn (1996, p. 170) : « The hem-ka priest is circumcising » (Le prêtre hem-ka est en train de circoncire). La double situation de sacerdote et de médecin est tout à fait courante en Égypte, même si elle n’est pas obligatoire. C’est une option [xvi].

 

         Nous nous trouvons donc, dans la définition de la présente scène, devant deux tableaux latéraux évolutifs successifs, multiples, mais récapitulatifs, qui sont à réintégrer dans la suite d’actes nécessaires à la réalisation de l’objet par l’opérateur sur le sujet, en plusieurs temps successifs logiques, et en ne suivant que le regard du praticien.

         Les deux textes adjoints en haut ne sont positionnés que pour adoucir ce moment difficile, en précisant que l’opération présentée est faite d’une manière civilisée. C’est-à-dire, que contrairement aux peuples voisins, le geste est effectué dans le cadre d’une médecine compatissante et évoluée, et bien entendu, sur la prescription expresse du souverain. Ceci participe à la bonne propagande royale.

 

 

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         L’intervention a duré pour toute l’équipe un temps (t) finalement assez court. Durant le déroulement, l’opérateur se saisit des instruments correspondants, individuellement à chaque acte séparé en cours, à tous les stades, et dont la forme est conditionnée par les tableaux bilatéraux fixes et en alternances. Ainsi, de forme pointue métallique (temps impair), ou de forme oblongue (temps pair), une succession d’objets différents mais convenus passeront entre les mains du chirurgien. Le dernier temps, avec le découpage de la bande, et le contrôle final du pansement, clôturera l’intervention.

         Après cicatrisation, les résultats sont comparables à ceux obtenus dans les clichés ci-après (Fig. 15 à 20) [xvii].

 

 


 

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         Il faut encore noter, à propos de cette dernière méthode chirurgicale, que l’angle cicatriciel dorsal peut s’accompagner, comme le montre ci-dessus les figures 19 et 20, d’une cicatrice ventrale correspondant à la chair résiduelle préputiale inférieure et/ou à une adhérence renfermant un frein partiellement reséqué. Cela peut également provenir de l’option d’une section avec ablation à droite et à gauche de deux lambeaux obliques distincts. Comme l’intervention est un peu plus longue, le geste peut en être moins aisé en raison du retour trop rapide de la douleur. Ce qui explique aussi qu’un côté puisse être parfois moins bien réussi qu’un autre. 

 

 

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         À plusieurs siècles de distance, encore une autre méthode a vu le jour en Égypte. Les résultats devaient s’en trouver améliorés.

 

         3.2.2. Ablation annulaire avec lacs

 

         Il s’agit d’une technique encore décrite par Celse (Livre VII, ch. XXV § 1) [xviii] :

 

         1) On saisi et l’on allonge le tégument qui entoure le gland de manière à le recouvrir, puis on le lie en ce point.

         2) On fait ensuite au fourreau et près du pubis, une incision circulaire qui découvre la verge, en ayant bien soin de ne couper ni l’urètre ni les vaisseaux de cette région.

         3) Cela fait, on attire la peau du côté de la ligature, ce qui découvre, près du pubis, un espace annulaire où l’on met de la charpie pour y faire pousser de la chair …

         … jusqu’à la cicatrisation, maintenir le prépuce lié, et laisser seulement au milieu un passage étroit pour l’urine …

         Cette opération n’est pas très douloureuse, parce que l’extrémité du fourreau, une fois dégagée, peut être ramenée vers le bas avec la main, sans provoquer d’hémorragie. Lorsque le tégument est libre, on l’attire de nouveau au delà du gland, puis on le bassine avec beaucoup d’eau froide, et on l’entoure d’un emplâtre apte à réprimer énergiquement l’inflammation …

 

         En ce qui concerne le relief du temple de Mout à Karnak (Fig. 23-25), nous constatons que, comme précédemment, l’image est fixe dans la pierre. Le spécialiste qui en a conçu le dessin a en fait montrer un champ interventionnel à l’arrêt, mais dynamique et qui comporte l’essentiel du dispositif chirurgical en cours de déroulement, comme un film à reconstituer mentalement, étape par étape :

 

         1) Or, si l’on observe très attentivement on remarquera déjà deux traits parallèles situés autour de l’axe de la racine de la verge de l’enfant. Ceci correspond visiblement à un système de lacs qu’il faudra faire coulisser vers l’avant, tandis qu’un tampon absorbant est déjà disposé sous le membre prêt à être opéré pour le maintenir.  

         2) Le bistouri métallique biseauté, qui est servi par un aide qui a disparu, est situé aux abords supérieurs immédiats d’un prépuce saisi entre le pouce et l’index de la main droite. La main gauche s’apprête à prendre le relais et pince la partie basse du fourreau pour l’allonger vers l’avant, pendant que la main droite se dispose à coulisser, puis à lier un premier lac sur la partie distale du prépuce.

         3) Ensuite, l’opérateur se saisira de la partie moyenne du bistouri afin de pratiquer une incision circulaire nette dans un geste franc mais doux. Le petit triangle visible au centre témoigne de la dynamique de résection de la partie préputiale à saisir dans ce temps par l’opérateur afin de l’éliminer. Le deuxième lac visible qui était au plus près de la racine sera dans la foulée amenée vers la cicatrice pour maintenir la peau fermement sans glisser sous le pansement gras rapporté et assurer le deuxième temps de l’hémostase. Le premier lac sera dénoué progressivement au bout d’un moment, et, le deuxième lien sera ensuite réglé afin de laisser passer normalement un jet urinaire. Les temps son conformes. Il restera à réaliser la surveillance.

 

         La rédaction de Celse, dans son excellent latin, est faite de manière encyclopédique générale. Les détails chirurgicaux n’y figurent pas tous non plus. Par exemple, le texte n’indique pas le lieu exacte de clivage par rapport à la ligature ; puis, si l’on reprend l’exemple des lacs, il faut deviner qu’il en faut deux (c’est la manière la plus commode), et ensuite que le deuxième servira à circonscrire et à contenir l’espace annulaire afin de ménager un espace urinaire bien que le geste soit décrit en partie … etc. Ainsi, comme pour la cryptographie égyptienne du temple de Mout, la bonne lecture ne sera assurée que par un praticien expérimenté.

 

 


 

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         Nous voyons que le passage théorique de Celse est très proche des éléments chirurgicaux pratiques que l’on peut extraire de la représentation du temple de Mout à Karnak. Dans la mesure où nous savons qu’il s’agissait d’un auteur « éclectique » et très érudit, il n’est pas impossible qu’il ait emprunté cette méthode à un auteur égyptien de son temps, par exemple un Alexandrin, car cette technique étaient encore appliquée localement. 

         Par rapport à la scène du mastaba d’Ankhmahor, la lame utilisée par l’opérateur pour pratiquer l’incision circulaire est représentée bien plus fine. Elle ressemble tout à fait à un bistouri (Fig. 24-26).

 

 

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         3.2.3. La péritomie franche et brève

 

         Finalement, on doit en revenir à une tradition séculaire rappelée dans le Livre des mort et décrivant sobrement la circoncision simple de Rê (LdM 17 § 60b-62a) [xix] :

 

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         Notes. – (a) Litt. pour faire la coupure.

         (b) Litt. sur lui = le phallus, (de) lui-même = Rê.

 

 

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         En effet, il est techniquement et indiscutablement plus facile de saisir le prépuce par la main gauche et de le trancher d’un seul cou sec afin de le séparer des téguments péniens. Il restait aux chirurgiens à apprécier la juste marge d’incision et d’assurer la bonne progression de la lame en fonction de la rapidité de la section, afin que la cicatrisation soie nette. Deux planchettes de bois ou deux demi-lames de roseaux feront l’affaire. Un instrument spécial est encore utilisé par les rabbins et plusieurs circonciseurs traditionnels égyptiens coptes et musulmans de Moyenne Égypte, du Soudan et du Tchad. La plupart des rabbins utilisent une lamelle métallique dénommée « pince » (Fig. 38).

         Il s’agit sûrement de la technique traditionnelle la plus ancienne et qui entraîne le moins de suites opératoires néfastes. Elle fut proposée et retenue dans les milieux aisés par les investigateurs à la recherche de l’intervention la plus parfaite. C’est la méthode employée par Séphora pour le fils Moïse (Exode 4, 25).

 

 

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         3.3. La subincision

 

         Par contre, je ne développerai pas plus ici la subincision, technique particulière, qui consiste à littéralement fendre longitudinalement le canal de l’urètre à la face inférieure de la verge en commençant par le méat urinaire. Cette intervention barbare provoque un hypospadias artificiel proportionnel, c’est-à-dire, plus ou moins complet suivant la longueur du débridement engagé d’avant en arrière. Les suites opératoires peuvent être importantes. Heureusement, ce geste expérimenté sous la XIIe dynastie pour laquelle nous avons un exemple avec la momie de Nekht Ankh (Fig. 32-33) [xxi], ne semble pas avoir perduré. C’est encore une preuve de l’implication du corps médical dans les décisions opératoires concernant les différentes formes de circoncisions possibles à mettre en œuvre sous le contrôle du pouvoir royal. Notons que cette opération était encore pratiquée il n’y a pas si longtemps par les autochtones australiens sous le nom de mika  [xxii].

 

 


 

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         4. Les autres textes

 

         4.1. Les textes médicaux

 

         4.1.1. Le papyrus du Ramesseum

 

         pRam IV. E I, 1-2

         Comparer avec pEbers 269. 49, 14. Parallèle ≠ verge

         pEbers 270. 49, 15. Parallèle ≠ verge

         pEbers 272. 49, 18. Parallèle ≠ verge

         pEbers 780. 93, 3. Parallèle ≠ verge

 

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         Commentaire. – Notons bien que c’est ici, le phallus nn qui doit être enduit, et non pas la verge b3 des prescriptions urologiques du pEbers mises en parallèles. Il s’agit donc d’une action entreprise sur le membre « viril » : soit pour le fortifier à l’aide d’une formule aphrodisiaque, pour le protéger d’une reproduction non désirée, ou encore, pour le soigner après une intervention rituelle comme la circoncision. Et ceci, dans la mesure où même si cette dernière opération se situe bien dans un contexte religieux, et pratiquée par un prêtre délégué habilité dans ce cas précis en chirurgie, le m(w)-k3, elle ne reste pas dénuée de risques importants. Ainsi, il fallait mieux assimiler les protagonistes aux divinités comme nous l’avons vu, ainsi que pour le membre du sujet, aux « parties », dont le phallus (nn), des dieux comme Osiris, Min et Horus qui ont su triompher de toutes les épreuves à ces endroits stratégiques pour la bonne continuité de la lignée solaire – et par suite, de cette façon, en ce qui concerne le sujet récipiendaire qui nous intéresse, de favoriser son aptitude à la bonne reproduction humaine. Le fait de gz.w « tanner » les chairs cruentées avec un onguent approprié correspond tout à fait à faciliter le bon phénomène de cicatrisation que l’on attend.

 

         4.1.2. Le papyrus Ebers

 

         Un autre texte a été cité comme étant possiblement relatif aux soins à effectuer après la circoncision [xxiii]. Cette séquence du grand papyrus médical (pEbers 732. 88, 10-12) est située dans la dernière section ayant trait aux piqûres occasionnées par différentes épines (sr.t), et à leurs extractions (šd.t) dont – celles très longues de l’acacia (šnd.t/šnḏ.t). Cependant, après listage des ingrédients, nous ne trouvons ni huile ni graisse, et dont l’usage est indispensable sur cette plaie provoquée. En effet, le seul traitement qui convienne, à ce niveau, consiste à appliquer un onguent gras antiseptique en deux phases : l’une quasi liquide (huile) au contact de la plaie vive, et l’autre semi-solide (graisse) sur la compresse. Le tout étant maintenu par un bandage légèrement compressif, et libre dans sa partie distale qui doit également être rendue grasse solide afin d’éviter l’infiltration de l’urine vers la plaie au moment de la miction. Car sont imprégnation et sa stagnation en processus clos, provoque un milieu basique favorable à la multiplication bactérienne, ce qui mène à l’infection, qui peut à sont tour se généraliser. Or nous le savons, les médecins égyptiens maîtrisaient très bien cette technique de soin. Ils n’auraient par conséquent, et à la suite de leurs observations, probablement jamais prescrit ce traitement local sur un sujet sain venant juste d’être opéré (chirurgie plastique).

         Il faut aussi savoir que la nécrose tissulaire est encore, même de nos jours, l’une des complications la plus courante de la circoncision [xxiv]. Non réduite à temps, elle peut occasionner une fistule urétrale, une sténose du méat, une pseudo-éléphantiasis de la verge, une perte partielle ou totale du gland qui peut se compliquer d’un hypospadias. Et bien entendu, tous ces problèmes sont susceptibles d’entrainer une hémorragie, ou une septicémie mortelle. Nous avons trop vu des ces cas provoqués à l’occasion de pratiques traditionnelles. 

 

 

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         4.2. Les textes non médicaux

 

         Je ne prendrai ici que trois passages datant des époques pharaoniques, avec l’inscription de Khnoumhotep à Béni-Hasan où ce prince du XVIe nome nous dit qu’il assuma déjà toutes ses responsabilités « étant tout jeune homme, quand il n’avait pas encore été débarrassé (f) de son ptépuce (3m) » (Urk. VII, 34,1). La même expression figure sur une stèle conservée au musée de Florence (Wb. Belegstellen, V, 354,3).

 

p[xxv] 

 

 

         Au total, si nous considérons les documents muséologiques et textuels qui nous sont parvenus, nous trouvons que la circoncision rituelle pouvait être pratiquée, mais non obligatoirement, chez les enfants de 7 à 8 ans, les préadolescents, et les adultes jeunes. Les proportions des populations opérées ont été très variables selon les régions et les époques.

 

         Quant aux gestes chirurgicaux thérapeutiques, ils devaient être proposés à tous les âges, et selon les techniques les mieux appropriées aux cas de phimosis, de pseudo-phimosis, ou encore d’accidents divers comme des brûlures, des morsures d’animaux, ou des plaies de guerres mal placées.

 

 


 

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         5. Les formes actuelles de circoncisions

 

         Les circoncisions rituelles juives ou musulmanes continuent à être pratiquées par des religieux, ou même des barbiers, et selon une méthode rapide et radicale devenue classique. Cependant, beaucoup de familles tendent actuellement à confier leurs garçons aux mains des médecins qui procéderont à une technique plus chirurgicale [xxvi], en bloc opératoire, sous anesthésie générale – et rejoignant en cela, en la complétant, l’une des technique pharaonique la plus évoluée : celle que nous avons décryptée dans le mastaba d’Ankhmahor.

 

 

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         6. L’insensibilisation locale

 

         6.1. Le produit

 

         Nous avons vu dans la scène de circoncision du mastaba d’Ankhmahor que l’opérateur indique à son patient qu’il ne souffrira pas. Il applique quelque chose sur la partie à opérer pour obtenir, nous dit le texte, une sédation locale : ce bas-relief semble bien montrer une cryo-anesthésie obtenue classiquement en mélangeant de la poudre de « pierre de Memphis » (Dioscoride, De mat. méd. Livre V, Ch. CLVIII) [xxvii], un calcaire, avec un vinaigre fort (Pline, Nat. hist., Livre XXXVI, Ch. XI) [xxviii] – ce qui dégage de l’acide carbonique [xxix]. Ce gaz est localement actif [xxx]. De plus, nous savons aussi qu’à l’état natif, le CO2 agit plus efficacement que par projection gazeuse. Ce moyen physique était aussi probablement préconisé pour d’autres interventions locales. Par exemple dans l’histoire, ce minéral (Hadjer menfy) est cité par Ibn al-Baytar (617) [xxxi] pour l’abolition de la douleur dans les amputations et les cautérisations. Pour Albert Le Grand (Liber secretorum 2,11) [xxxii], « sa puissance stupéfiante est supérieure à celle de l'opium » (voir aussi : Leonardi, II, 7, 184) [xxxiii] ... En raison de l’action qui était prêtée à cette pierre (Memphites lapis[xxxiv], Nicolas Lémery qui comme Matthiole n’en a jamais vu, pensait qu’il s’agissait d’une pierre commune d’Arabie « empreinte d’opium ou de suc de pavot » [xxxv]. Or, pour Agricola [xxxvi], la « pierre d’Arabie » correspond à un marbre blanc [xxxvii]. On peut alors penser à du Luculleum marmor (marbre trouvé par Lucullus dans une île du Nil), ou à du Tibereum (marbre trouvé en Égypte sous le règne de Tibère). Ou plus simplement, à un « éclat de marbre » (caementa marmorea[xxxviii]. L’architecture et les œuvres d’art nous montrent que les minéraux candidats de cette nature étaient abondants dans la région [xxxix].

 

 


 

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          En théorie bien entendu, tout calcaire tendre – source de carbonate de calcium – pouvait être utilisé (Fig. 40). Il semble cependant qu’une roche karstique grasse légèrement rubanée par un oxyde métallique ait été rapportée par les auteurs postérieurs aux âges pharaonique, sans toutefois que nous soyons finalement mieux informé sur son véritable aspect. Il est de toute manière très probable que la couleur souhaitée de cette pierre par les plus anciens, ait eu, pour les Égyptiens, une fonction apotropaïque.

 

 

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          Pour davantage tenir compte de son « aspect précieux », il est également possible de proposer une calcite à rhomboèdres de clivage transparents provenant du désert blanc d’Égypte [xl]. Les calcites transparentes d’Assiout riches en CO2 (44%) ont une couleur ambrée (réaction chimique : CaCO3 + 2H CH3 COO → Ca(CH3 COO)2 + H2O + CO2).

 

 

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         6.2. Le mode opératoire

 

         La préparation doit être extemporanée. Ainsi, la pierre devait être raclée, ou mieux, pilée juste avant par un aide qui prévoyait aussi du vinaigre (temps impair n° 3). Le praticien devait prélever au dernier moment, avec sa main droite, plusieurs fois du mélange avec sa spatule, afin, d’abord d’en déposer sur la compresse protégeant sa main gauche appelée à soutenir la verge, et ensuite, d’appliquée le reste de cette pâte bouillonnante immédiatement sur les téguments à inciser, et de la lisser (un peu comme avec une truelle). La peau rendue glabre dépassant de la zone à insensibiliser côté racine se parchemine, ce qui signifie qu’à ce moment l’effet sous-jacent est optimum. La fenêtre de contrôle se situe juste à la lisière qui doit être légèrement découverte à l’aide de la pointe métallique. Il reste alors à débarrasser le champ en soulevant la pâte minérale avec la lancette spatulée (un linge ne conviendrait pas), puis, à inciser promptement avec une lame de silex avant d’exercer un clivage circulaire avec une lame métallique et d’emporter le prépuce. 

 

         Cette courte anesthésie de surface était peut-être doublée par l’adjonction d’une autre préparation médicamenteuse aux endroits des muqueuses (dans le sillon balano-préputial), comme le suggère également le bas-relief du temple de Mout à Karnak, mais hélas cette fois, sans que le texte nous en ait été conservé. Dans ce cas, un extrait de pavot agit bien dans ce sens, comme le montrent des essais concluants menés à l’occasion de sondages urétraux chez l’homme. Son temps d’action est plus long et calme au-delà de l’intervention.

         D’autres formulations botaniques, par exemple en imprégnations dans des éponges d’Alexandrie, étaient également envisageables dans ce contexte. Mais les sources papyrologiques de ces époques précises ne nous sont pas encore parvenues. Nous ne savons pas non plus, au vu de ces documents de pierre, si une prémédication orale à base de plantes a été absorbée auparavant, mais cela était tout à fait possible, comme je l’ai déjà démontré avec tous les détails lexicographiques et pharmacologiques [xli]. En effet, parmi les végétaux disponibles à ces différentes époques, il faut noter le lotus bleu, le chanvre, la mandragore, la jusquiame, la myrrhe, des pavots, et mêmes certaines laitues. Leurs propriétés sont bien attestées en pharmacognosie. Bien dosé, mais assisté comme nous le montre bien les bas-reliefs, le jeune patient pouvait rester debout. Ce qui représente aussi un élément important de la surveillance anesthésique et peropératoire. Les praticiens devaient savoir programmer et adapter tous ces modes d'analgésies en fonction des actes chirurgicaux plus ou moins complexes, longs, et risqués, comme nous le verrons à propos.

 

         Ainsi, je ne dirai pas encore que les médecins pharaoniques avaient tout prévu, mais ce que nous pouvons déjà décrypter sans trop de mal dans ces deux scènes interventionnelles, ainsi que par suite dans les rendus opératoires figuratifs d’une technique ou d’une autre selon les milieux sociaux et les époques, dénote incontestablement un souci assez poussé de la réflexion médicale.

 

 

 


 

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[i] F.J. Chabas, « De la circoncision chez les Égyptiens », Revue archéologique, 3, 1861, p. 298-300, &, dans G. Maspéro (édt), Bibliothèque égyptologique, 10, F. Chabas, Œuvres diverses, 2, Paris, 1902, p. 115-118 ; W.M. Müller, Egyptological Researches, 1906, p. 61 et pl. 106 ; J. Capart, Une rue de Tombeaux à Saqqarah, 1907, p. 51 et pl. 66 ; W. Wreszinski, Atlas zur altägyptischen Kulturgeschichte, III, Hinrichs, Leipzig, 1923 ; Fr. Jonckheere, « La circoncision des anciens égyptiens », Centaurus, 1951, 1, p. 212-234 ; M. Pillet, « Les scènes de naissance et de circoncision dans le temple Nord-Est de Mout, à Karnak », ASAE, 52, 1952, p. 77-104 ; G. Lefebvre, Essai sur la Médecine égyptienne, PUF, Paris, 1956, p. 173-176 ; Kanawati, A. Hassan, The Teti Cemetery at Saqqara, II, The Tomb of Ankhmahor, 1997 : Texte p. 49-50 (Reports 9 partie 1), et pl. 19 (Reports 9 partie 2).

[ii][iii][iv][v][vi]

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[vii] R.-A. Jean, « Anatomie humaine. Le bassin – VI. L’appareil génito-urinaire de l’homme et Atlas (1ère partie) », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers,15 mai 2016, fig. 7 p. 4.

[viii] R.-A. Jean, « Anatomie humaine. Le bassin – VI. L’appareil génito-urinaire de l’homme et Atlas (1ère partie) », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers,15 mai 2016, fig. 6 p. 4.

[ix] Pour ce parcours estudiantin progressif dans les temples et palatin, voir : R.-A. Jean, « Pour une introduction à la médecine égyptienne », Clystère (http://www.clystere.com), 50, mai 2016, p. 39-40 et tableau 1.

[x] Docteur Chassaniol, « La Posthotomie au 19e siècle », Bulletin de la Société académique de Brest : 1864-1865, 4, Brest, 1867, p. 66.

[xi] A. Védrènes, CELSUS, Aurelius Cornelius / CELSE. Traité de médecine de A.C. Celse : traduction nouvelle, Texte latin et traduction, Paris, 1876, p. 532 § 2, deuxième partie.

[xii] J. Capart, Une rue de Tombeaux à Saqqarah, 1907, p. 51 et pl. 66. Kanawati, A. Hassan, The Teti Cemetery at Saqqara, II, The Tomb of Ankhmahor, 1997 : Texte p. 49-50 (Reports 9 partie 1), et pl. 19 (Reports 9 partie 2).

[xiii] Le rasage est de moins en moins pratiqué de nos jours en raison de notre arsenal moderne d’anti-infectieux chimiques. Or, ce temps préparatoire était très important autrefois. Il devait être entrepris par une personne expérimentée comme une infirmière ou un aide opératoire compétent car il fallait absolument éviter les blessures, et ceci, même au voisinage moyen ou paraissant éloigné de l’ouverture. Dans certains cas, c’est le chirurgien qui l’exécutait lui-même. Il n’y a donc pas d’opposition à ce que ce geste soit fait ici par le même opérateur – d’autant plus que le sacerdote pratiquait, par ce geste, une « purification rituelle » précédant un geste sanglant sacrificiel.

[xiv] Il était patent que le prêtre officiant était lui-même entièrement rasé et oint d’huile parfumée. Voir à ce sujet : S. Sauneron, Les prêtres de l’ancienne Égypte, Paris, 1988, p. 42-43.

 

 


 

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[xv] R.-A. Jean, La chirurgie en Égypte ancienne. À propos des instruments médico-chirugicaux métalliques égyptiens conservés au Musée du Louvre, Éditions Cybele, Paris, 2012, fig. 124bis, p. 107 et fig. 122bis p. 108.

[xvi] Voir pour la formation et la progression des étudiants en médecine égyptiens : Richard-Alain Jean, « Pour une introduction à la médecine égyptienne », Clystère, 50 (Numéro Spécial), 2016, p. 39-41 et figure 1 (www.clystere.com).

[xvii] Voir par exemples à Vienne la statue de Snéfrou-néfer (Ve dyn.), inv. n° 7506 : H. Satzinger, Das Kunshistorische Museum in Wien, P. von Zabern, Mainz, 1994, Abb. 79 p. 113, et, De Wit, Z.Ä.S., 99, 1973, p. 41-48, & fig. 4.

[xviii] A. Védrènes op.cit. 1876, p. 531.

[xix] Budge 1898, vol. Text, p. 56 et vol. Translation p. 51. Barguet 1967, p. 59. R.O. Faulkner, O. Goelet, ed. Dassow, 1998, pl. 8 page de droite, col. 12-13 ; R.O. Faulkner, ed. Andrews 2004, p. 45 ; Carrier, Melchat 2, 2009, p. 80-81.

[xx] P. Barguet, Le livre des morts des Anciens Égyptiens (LAPO 1), Cerf, Paris, 1967, note 20 p. 59.

[xxi] J. Cameron, dans M. Murray, The Tomb of the Two Brothers, « The Anatomy of the mummies », Manchester, 1910, p. 33-47 et fig. 17 pl. XV.

[xxii] W.E. Roth, Ethnological Studies Among the North-West-Central Queensland, Brisban, 1897, fig. 429 pl. XXIV.

[xxiii] Ainsi par exemple : B. Ebbell, Ägyptische anatomische Namen, Acta orientalia, XV, 1937, p. 308 ; Fr. Jonckheere, op.cit. 1951, p. 214-215.

[xxiv] N. Willams, L. Kapila, « Complications of circumcision », Br J Surg, 80, 1993, p. 1231-1236 ; Ch. Sylla, B. Diao, Abd.B. Diallo, P.Ah. Fall, An.A. Sankale, M. Ba, « Les complications de la circoncision. À propos de 63 cas », Prog Urol, 2003, p. 266.

[xxv] D. Dunham, Naga-ed-Dêr Stelae, London, 1937, n° 84 p. 103-104 et pl. 32 ; Em. Teeter, Treasures from the Collection of the Oriental Institute, The Oriental Institute of the University of Chicago, Chicago, 2003, p. 33-34.

[xxvi] Pour un type d’intervention thérapeutique voir par exemple : R. Liloku, Ph. Buisson, P. Mouriquand, « Prépuce serré chez l'enfant », Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EM-consulte - Chirurgie - Urologie, Paris, janvier 2002 : http://www.em-consulte.com/article/22570/prepuce-serre-chez-l-enfant.

En voici un résumé : Le prépuce de l'enfant est physiologiquement serré jusqu'à l'âge de 3, 4 ans. Avec la croissance, l'orifice préputial s'élargit et les adhérences balanopréputiales disparaissent. Il arrive cependant qu'à la suite d'infections préputiales répétées, des lésions chroniques de fibrose rendent le prépuce rigide et indécalottable (lichen scléroatrophique ou balanite xerotica obliterans). Si, au-delà de l'âge de 4 ans, le prépuce reste indécalottable, on peut proposer l'application locale de crèmes à base de corticostéroïdes, qui permettent le décalottage dans 70 à 95 % des cas. La circoncision est retenue en cas de lésions de lichen scléroatrophique. L'essentiel des circoncisions est réalisé pour des raisons culturelles, avec des taux de complications significatifs, la plus fréquente étant la sténose du méat.

Voir encore pour une technique chez l’adulte : M. Galiano, ‪Circoncision au bloc opératoire, Paris, juin 2004 : https://www.youtube.com/watch?v=dhTRuVYiTwQ.

Résumé : La circoncision est un acte chirurgical qui doit être précis. Il existe différents types de circoncisions qui pourront être proposées au patient en fonction de son anatomie, de ses souhaits esthétiques et de l'existence ou non d'une pathologie de type phimosis. Cette vidéo présente les étapes essentielles chirurgicales de la circoncision au bloc opératoire par le Docteur Marc Galiano (Urologue - Andrologue - Paris).

[xxvii] « La pierre Memphitique croit en Égypte près du Caire. Elle est de la grosseur d’un galet, elle est grasse, et de diverses couleurs. On dit qu’étant pulvérisée et appliquée sur une partie que l’on désire couper, elle l’amortit tellement que le malade ne sentira pas la douleur » : Dioscoride d’Anazarbe, Dioscoridis Libri Octo Graece et Latine, (Dioscoride d’Anazarbe, De la matière médicinale), éd. Arnold Birckman à Paris, 1549, = Livre V, Ch. CLVIII, p. 312. Voir aussi : Dioscoride d’Anazarbe, De la matière médicinale, éd. Pierre André Mathiole, trad. Antoine du Pinet, Chez Jean-Baptiste de Ville à Lyon, 1680, = Livre V, Ch. CXV, p. 538 et commentaire p. 539 mais l’auteur confond avec un cristal (en raison de l’aspect précieux d’un marbre brillant). NB : ce texte se trouve dans le Livre 5, Ch. 140 dans d’autres éditions, alors que 5,143 correspond à l’ophite, famille dont ce calcaire fait partie.

 

 


 

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[xxviii] « Il est aussi un marbre memphite, appelé ainsi du lieu où on le trouve ; il a de l'analogie avec les pierres précieuses. Pour s'en servir, on le broie et on l'applique avec du vinaigre sur les parties du corps à cautériser ou inciser : cela insensibilise la partie qui ne ressent pas la douleur torturante ». Plini, Delafosse (édt.), Plini,Bibliotheca classica latina. Collectio auctorum classicorum latinorium cum notis et indicibus, 66, Paris, 1831, p. 462. É. Littré (édt.), Histoire naturelle de Pline : avec la traduction en français, Paris, 1877, p. 509. Voir aussi maintenant : Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre XXXVI, J. André, R. Bloch, A. Rouveret (édt), 2e tirage (1981), Éditions des Belles Lettres, Paris, 2003, p. 68-69. NB : cette pierre ne peux pas correspondre à de la dolomite comme le suggère ces derniers éditeurs, ou alors à de la magnocalcite (Dana's System of Mineralogy, II, p. 154 : dolomitic-calcite), car la dolomite ne fait pas effervescence sous l’action de l’acide acétique - elle n’aurait donc aucun effet réfrigérant.

[xxix] Mis en rapport avec la peau, l’acide carbonique produit, en effet, un état d’insensibilité très appréciable. Cette propriété physique du froid a été appliquée notamment par Percival en 1771. Puis, malgré les efforts de quelques médecins comme Simpson, Scanzoni, Follin, Monod, Demarquay et Broca, l’anesthésie carbonique est restée sans application usuelle et ne suscitait qu’un intérêt de curiosité scientifique jusqu’à un renouveau moderne. Voir à ce sujet par exemple : L.J. Dupré, « Histoire de l’anesthésie locale : avant la cocaïne (1ère Partie) », Clystère, n° 34, 2014, p. 3-18 = www.clystere.com.

[xxx] Voir par exemple : Al. Le Play, De l'anesthésie locale par la pulvérisation de l'éther et description d'un nouveau pulvérisateur par le gaz acide carbonique, Paris, 1866.

[xxxi] Ibn al-Baytar, Traité des simples, 1240-1248, éd. L. Leclerc, reprint : Institut du monde arabe, Paris, 1877, Paris, I, p. 413, n° 617.

[xxxii] Albert Le Grand, Liber Secretorum Alberti Magni de virtutibus herbarum, lapidum et animalium quorumdam, 1514, 2,11, ou Opera Omnia, Auguste Borgnet (édt), Paris, 1890, V, p. 1-116.

[xxxiii] Camillo Leonardi, Speculum lapidum clarissimi artium et medicinae, 1502, (II, 7, 184) p. 34, ou, l’édition de 1610, p. 127

[xxxiv] Voir encore pour d’autres auteurs anciens : Summarium Heinrici VI, 2,11 ; Pseudo-Dioscoride 2,158 ; Dioscoride lombard 167 ; Méliténiote V. 1128 ; De lapidibus preciosis 45 ; Barthélemy l’Anglais XVI, 65 ; Thomas de Cantimpré 14,46 ; Vincent de Beauvais VIII, 27 ; Lapidaire du Roi Philippe 66 ; Conrad de Megenberg VI, 51 ; Jacob van Maerland XII, 51 ; Secrez 3,25 ; Vocabularius ex quo m. 301.1 ; Liber secretorum II, 1,9 ; De virtutis lapidum II, 8 ; Hortus sanitatis V, 83 ; Phisice 70.

[xxxv] Nicolas Lemery, Traité Universel des drogues Simples, Chez Laurent d’Houry, Paris, 1699, p. 489.

[xxxvi] Agricola, De Natura Fossilium, M.C. Bandy et J.A. Bandy (édt), The Geological Society of America, Spécial paper 63, Denver, Novembre 1955, p. 240 (index).

[xxxvii] Voir une note de M. Guettard dans une traduction de Pline : Histoire naturelle de Pline traduite en françois, avec le texte latin rétabli d'après les meilleures leçons manuscrites, accompagnée de notes critiques pour l'éclaircissement du texte, and d'observations sur les connoissances des anciens comparées avec les découvertes des modernes, Tome premier [-douzieme] = tome 11, Chez la veuve Desaint, Paris, 1778, Livre XXXVI, Ch. 77, p. 424 en note.

[xxxviii] Voir pour ces traduction : G. Bouillet, Le vocabulaire latin en rapport avec la Géologie : relevés et observations. Travaux du Comité français d’Histoire de la Géologie, 3ème série (tome 5), Comité français d’Histoire de la Géologie, 1991, p. 117-139.

[xxxix] A. Lucas, Ancient Egyptian Materials and Industries, 4e éd. révisée par J.R. Harris, London, 1989, p. 57, 59, 100, 118,411-415, 421, 427. P.T. Nicholson, I. Shaw, Ancient Egyptian Materials and Technology, Cambridge, 2000, p. 14, 23, 39, 40, 44-45, 68. Voir pour les détails minéralogiques : Th. De Putter, Chr. Karlshausen, Les pierres utilisées dans la sculpture et l’architecture de l’égypte pharaonique, Bruxelles, 1992 ; Chr. Karlshausen, Th. De Putter, Pierres égyptiennes … Chefs-d’œuvre pour l’éternité, Mons, 2000.

[xl] Ashraf Aboul-Fetooh Mostafa, « Caves of the Nile Valley (Governorate of Assiut, Middle Egypt) : a long-term interaction between human societies and their environment », Géomorphologie : relief, processus, environnement, vol. 18 - n° 1, 2012, p. 37-44.

[xli] Voir par exemple : Jean 1999, p. 26-27 et notes 79-83 ; Jean, Loyrette, 2010, p. 436-440 et note 3 à 13 p. 459-460, dont une remarque sur la réception de l’anesthésie et la tolérance individuelle à la douleur p. 452 ; R.-A. Jean, « Le dieu Min au panthéon des guerriers invalides. 2 - Les arguments thérapeutiques : 2.2. Pharmacologie », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 16 octobre 2013, p. 5-12.

 

 


 

ANATOMIE HUMAINE - LE BASSIN 

HOMME & FEMME

 

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                Atalas chirurgical - LA CIRCONCISION

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TABLES

 

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