Article complet du jeudi 29 décembre 2016 :

ANATOMIE - L'ABDOMEN - IV - Splanchnologie - III

 

Fig

 

• Richard-Alain JEAN, « Anatomie humaine. L’abdomen - IV, Splanchnologie - III, Le foie et le pancréas », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 29 décembre 2016.

 

NB : Je ne suis pas parvenu cette fois encore à convertir les appels de notes en chiffres arabes !

 

(Problème de compatibilité Word-Site)

 

 

 


 

 

 

 

 

 

ANATOMIE HUMAINE

L’ABDOMEN - IV

SPLANCHNOLOGIE - III

LE FOIE ET LE PANCRÉAS

 

 

Richard-Alain JEAN

 

 

          Nous continuerons notre exploration de l’abdomen du corps humain par l’étude des « glandes digestives ». En effet, au « tube digestif », qui représente un très long « conduit » mt (creux et blanc), lui-même composé d’une « suite » de mtw de calibres irréguliers qui s’étend de la bouche à l’anus (sur environ dix mètres), sont adjoint trois formations glandulaires (mtw organes pleins friables), viscères bien compris par les médecins égyptiens comme déversant leurs produits qui se mêleront aux aliments jusque dans la « suite intestinale ». Ce sont : les glandes salivaires, le foie et le pancréas.

         Certes, les glandes salivaires ne sont pas localisées dans l’abdomen (!) mais elles ne constituent pas moins des éléments importants nécessaires à la physiologie de la digestion. C’est la raison pour laquelle je les incorpore dans cette partie de notre étude anatomique centrée sur tous les éléments indispensables à la nutrition, tout en renvoyant pour le reste des détails osseux et musculaires permettant de mieux les situer, aux publications concernant la tête et le cou [i].

         Le foie dans sont ensemble sera ensuite abordé de manière à mettre en relief un certain nombre de notions encore assez peu approfondies et commentées. Je terminerai ici par le pancréas qui a été complètement négligé jusqu’à présent. Aussi, devant ces manques d’études historiques, il faudra bien soulever courageusement quelques hypothèses légitimes tout en demeurant extrêmement vigilant en ce qui concerne la façon de les étayer dans leurs contextes égyptiens respectifs. C’est encore une fois la clinique qui nous y aidera. Enfin, la première partie de l’Atlas a également été intégrée.

 

 


 

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         1. Les glandes salivaires

 

         Situées au niveau de la tête et aux étages maxillaires supérieur et inférieur, les glandes salivaires [ii] sont formées de trois paires principales, plus de nombreuses plus petites unités histologiques disposées tout autour de la bouche interne.

 

         1.1. Anatomie

 

         1.1.1. Les parotides

 

         Les deux glandes parotides sont placées de part et d’autre du visage, sous l’oreille externe, et en arrière de la branche montante de la mandibule (ramus). Elles communiquent avec la bouche vers la deuxième molaire supérieure par les deux conduits parotidiens droit et gauche (canaux de Sténon).

 

         1.1.2. Les submandibulaires et les sublinguales

 

         Les deux glandes submandibulaires siègent des deux côtés et au-dessous de l’angle mandibulaire. Elles communiquent avec la bouche de part et d’autre du frein de la langue par les deux canaux submandibulaires droit et gauche (canaux de Wharton).

         Les deux glandes sublinguales sont situées sous la muqueuse du plancher de la bouche et chacune en avant de la glande submandibulaire homolatérale en la dépassant de moitié. Elles communiquent avec la bouche par ne nombreux petits canaux placés sur leurs longueurs.

p[iii][iv][v][vi],  [vii], [viii], [ix], [x], [xi], [xii], [xiii], [xiv][xv][xvi][xvii], [xviii][xix]

 

         1.2. Physiologie

 

p[xx][xxi][xxii] 

 

 


 

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p[xxiii], [xxiv]

 

         1.3. Physiopathologie clinique

 

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p[xxv][xxvi][xxvii], [xxviii], [xxix]

 

 


 

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          2. Les glandes abdominales

 

         Également essentielles dans leurs fonctions digestives, deux glandes plus importantes sont placées en dérivation sur le grêle au niveau du duodénum.

         Ce sont, le foie, et le pancréas.

p[xxx][xxxi], [xxxii]

 

 


 

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         2.1.1. Anatomie

 

p[xxxiii],  [xxxiv][xxxv]

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[xxxvi], [xxxvii]

p[xxxviii][xxxix][xl][xli]

 

 


 

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p[xlii]

 

 

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         Que dire en plus [xliii] de ce que nous donnent les textes égyptiens eux-mêmes – et tout en restant dans les possibilités observationnelles de cette époque lointaine – sinon de confirmer que le foie est bien un organe intrapéritonéal puisqu’il en est entouré du double feuillet et solidement amarré par l’intermédiaire de formations ligamentaires, fibreuses et conjonctives, qui le fixe en haut et en arrière sur la face inférieure du diaphragme et de la paroi abdominale postérieure (Fig. 10). Cependant, les médecins ont dû ignorer les prolongements internes péricanalaires et appelés pour nous dans leur ensemble « capsule de Glisson », même si cette dernière a probablement favorisé la lecture des canaux hépatiques se fondant dans cet organe plein (mtw plein rouge).

         Ce viscère est bien également formé de deux lobes glandulaires, le droit et le gauche séparés par l’insertion du ligament falciforme (Fig. 10). La très importante face supérieure bombée qui épouse une grande partie de la double coupole diaphragmatique répond en gros, et par son intermédiaire, à la plèvre et aux poumons, au péricarde et aux ventricules cardiaques, aux côtes, et au rachis (Fig. 6-10).

 

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         La face inférieure du foie est viscérale, plane, mais irrégulière en raison des empreintes gastrique, colique, duodénale, œsophagienne, rénale droite et surrénale droite (Fig. 11 et 12). Elle regarde en bas, en arrière et à gauche. Ce côté est parcouru au centre par trois sillons prenant l’aspect d’un ‘H’. La branche horizontale du H correspond à la porte du foie (sillon transverse ou hile), qui constitue le site de passage des conduits sanguins, biliaires, lymphatiques et nerveux (mtw creux, et mtw pleins blancs) et qui forment ensemble le pédicule hépatique. Le sillon sagittal antérieur gauche est formé par la scissure du ligament rond. De son côté, à droite, le sillon sagittal antérieur marque la fosse de la vésicule biliaire, tandis que son homologue sagittal postérieur voit passer la très importante veine cave inférieure – qui semble littéralement transpercer le foie, en raison de son attache ligamentaire, et d’une partie du lobe caudé qui la recouvre partiellement en arrière.

 

 


 

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         En ce qui concerne les voies biliaires, on peut ajouter sur le plan anatomo-clinique, que les voies biliaires intrahépatiques, avec les interlobulaires se jettent dans les conduits hépatiques droit et gauche pour former les voies biliaires extrahépatiques qui vont aller s’extérioriser au niveau de la porte du foie (hile). Ces derniers donne le conduit hépatique commun (3 à 4 cm) qui devient le cholédoque (5 à 12 cm) après avoir reçu le conduit cystique (3 cm). Nous verrons que la dernière section cholédocienne reçoit le conduit pancréatique pour former l’ampoule hépato-pancréatique (ampoule de Vater). Ces deux formations sont fermées chacune par un sphincter. La papille duodénale majeure qui contient aussi un sphincter circulaire (sphincter d’Oddi) fait communiquer le tout avec le duodénum en D2 (partie descendante).

         Quant à la vésicule biliaire elle-même, elle correspond à un sac servant de réservoir pour la bille qui y est apportée par le conduit cystique. De couleur externe gris-bleuté et piriforme, elle montre un fundus qui répond au bord antérieur palpable du foie, un corps aplati, et un col coudé et ampullaire. Elle mesure 8 à 10 cm de long sur 3 à 4 cm de large. Sa capacité correspond à 30 à 50 ml. Elle est recouverte du péritoine viscéral.

         Il faut encore savoir, qu’immédiatement après la mort, la surface interne de ces contenants prendra un aspect blanc grisâtre, et, que l’imprégnation biliaire leurs apportera, peu de temps après, une teinte jaune verdâtre.

 

 


 

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         La vascularisation. — Pour la vascularisation du foie, qui a assez bien été appréciée par les savants de l’époque, je revoie à cette partie dans le prochain article [xliv].

 

 


 

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2.1.2. Physiologie

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         On peut également se demander si l’importance volumique de cet organe placé à droite (wnmj), n’aurait pas, par expérience, quelque lien avec le bon déroulement de la prise de nourriture (wnm), et si celle-ci (wnmt), ne serait pas, par quelques processus internes, d’une façon quelconque, consommée (wnm) par une flamme (wnmjt - CTIV Sp 314 § 95 e) sur laquelle les divinités ont un influence indéniable (Wnmjt - CTVII Sp 994 § 208 l). La chaleur maintenant la vie du corps, et, le froid de la carcasse résultant de la mort. Nous aurions alors un « brûleur » (l’organe de droite brûle les aliments et fourni de l’énergie vitale). Cette conception aurait même un effet neurologique ressenti localisé dans ce côté du corps qui semble mieux spécialisé : habilité (manuelle, puis, réfléchie) => sincérité (somatique, puis, intellectuelle) => mémoire (physique, puis, psychique). Ce n’est cependant encore qu’une hypothèse, mais elle s’accorde bien avec la conception égyptienne de l’organe.

         En effet, une autre fonction doit encore être signalée. Il est démontré que les Égyptiens accordaient au foie quelques aptitudes plus spirituelles, un peu comme je l’ai déjà indiqué ailleurs pour le cœur. C’est un domaine que je n’approfondirai pas ici [xlv], mais l’on peut aussi en déduire d’une manière plus clinique, que cet organe possède bien un pouvoir biologique sur le caractère d’un patient hépatique ! En effet, du fait de sa douleur constante, le patient hépatique chronique est le plus souvent très acariâtre, d’où le terme « bilieux », qui ajoute encore la teinte caractéristique de sa peau. Bien entendu à ce niveau, tout est une question de chimie dont les anciens n’avaient pas connaissance. Elle pouvait se traduire alors par toutes sortes de réactions, même cutanées, dues aux « démons de la gratte » (prurit sévère avec excoriations secondaires, surinfections récidivantes), et d’autres tourments hépatiques se terminant autrefois le plus souvent par une encéphalopathie hépatique, elle même précédée de toute une symptomatologie neuropsychiatrique marquée par des pauses de moins en moins longues, et se terminant généralement par un coma. Pour les signes transitoires, il fallait bien trouver quelques ressources internes aux troubles mineurs, et je dirai, plus … tripatouillardes (!)

 

         2.1.3. Les modèles animaux

 

         Les modèles animaux et expérimentaux, mammifères, oiseaux ou poissons ne manquaient pas. Les prêtre de Sekhmet étaient chargés par le pouvoir central d’examiner les organes en boucherie pour des raisons sanitaires [xlvi]. De plus, j’ai déjà également indiqué que le foie et le fiel étaient couramment utilisés dans la pharmacopée égyptienne, et avec raison dans leurs indications, de part leurs compositions et les résultats thérapeutiques qui ont été observés par les praticiens de ce temps …

 

 


 

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Comparer avec :

 

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         2.1.4. Rapide aperçu clinique

 

         Le foie est accessible à la palpation et à l’examen général. Son rebord inférieur correspond normalement au rebord costal droit. Il faudra aussi étudier les signes douloureux de la lithiase biliaire (calculs) qui induit des coliques hépatiques. Retrouver cette douleur au niveau du « point cholédocien » ou dans la « zone pancréatico-cholédocienne ». Puis, observer les symptômes des atteintes infectieuses. Et encore, ceux des ictères qui ont des influences perceptibles sur la couleur de la peau et de la conjonctive (jaunisses), les selles pâlissent, et les urines deviennent foncées.

         La cirrhose du foie engendre une hypertension portale que nous aborderons plus tard, et j’ai déjà indiqué qu’en ce qui concerne l’ascite qui en résulte (Fig. 20 et 21), le médecin pouvait être en mesure de tenter de l’évacuer transitoirement par une ponction de l’abdomen pratiquée [xlvii] avec des instruments spéciaux [xlviii] (pEbers 865. 106, 1317), c’est un geste itératif.

         Les crampes urémiques, qui représentent l’un des signes de l’encéphalopathie hépatique dont je parlais plus haut, sont décrites dans leurs débuts (p.Ebers 200. 40, 5-10), ainsi qu’une première phase de coma hépatique (p.Ebers 201. 40, 10-14). Une importante tumeur est reconnue dans le flan droit (pEbers. 203. 40,18 - 41,5). Des abcès pouvaient être ouverts par voies cutanées (Fig. 19).

 

 


 

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         La « crise de foie » est bien diagnostiquée parallèlement à un « embarra gastrique » (pEbers 188bis. 36, 4-17 a+b+d). Le pEbers (477. 67,7 - 481. 67, 15-16) donne également quelques formulations végétales riches en vitamines pour soigner essentiellement quelques embarras susceptibles de provoquer, outre des douleurs localisées, un ballonnement, des reflux gastro-œsophagiens acides, des vertiges, des nausées et des vomissements. L’anorexie, la perte de poids, l’extrême fatigue ressentie en permanence, et des démangeaisons au niveau des téguments, sont aussi autant de symptômes hépatiques dont parlent un peu partout les papyrus médicaux égyptiens. Il restera à les relier opportunément à une pathologie du foie, ou concomitante avec d’autres problèmes. J’ai déjà aussi signalé que les hématomes pouvaient être de cette origine, ainsi que différentes anomalies vasculaires comme les épistaxis. Nous verrons que certains phénomènes sont liés à la grossesse.

         Il ne faut pas oublier la parasitologie que j’aborderai plus en détail, avec la découverte de vers comme par exemple le lombric (Ascaris lumbricoïde), le ténia (cysticerquesde Ténia solium). Voir encore les symptômes dus aux douves du foie avec les distomatoses hépato-biliaires dont celle visible en Afrique du Nord (Fasciola gigantica), ceux dus à l’hydatidose du foie ou échinococcose hydatique (Echinococcus granulosus), à la strongyloïdose ou anguillulose  (Strongyloides stercoralis), aux amibes (Entamoeba histolytica), ou encore aux schistosomes intestinaux (Schistosoma mansoni, Schistosoma intercalatum) …

         Je reparlerai de tout ceci plus tard en pathologie digestive, ainsi qu’en coprologie parasitaire et fonctionnelle. Un point sera également fait sur ce sujet en médecine tropicale.

 

 

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         2.2. Le pancréas

 

p[xlix][l][li]

 

 

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         2.2.1. Anatomie

 

         Dans la mesure où les textes publiés à ce jour sont quasiment muets au sujet de la glande pancréatique, et que sa dénomination lexicographique est encore à assurer, il faut, pour son étude, mieux commencer par parcourir, bien que très brièvement, nos connaissances modernes [lii]. Nous pourrons ensuite chercher à comprendre ce que les médecins de l’époque pouvaient en avoir saisi, même d’une façon partielle.

 

 


 

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         La conception moderne. — Établi profondément presque horizontalement en avant des vertèbres lombales (lombaires L1-L2) qu’il barre en s’incurvant légèrement, le pancréas est situé entre te duodénum et la rate, et en arrière de l’estomac. La partie moyenne de sa face postérieure est séparée de la surrénal et du rein gauche par la graisse péri-rénale (Fig. 25-26 et 29). Il correspond à un organe plat (1 à 2 cm) étroit et prismatique dans sa longueur (sur 15 cm). Il est pourvu, à sont extrémité interne, d’une tête en coin et en crochet plus haute (7 cm) qui s’insère intimement dans la boucle duodénale. Ce viscère est théoriquement rétropéritonéal [liii], mais il est rendu prisonnier par de solides attaches. Il pèse environ 80 g. Sa surface jaunâtre blanc-rosée à l’état frais est irrégulière. Sa consistance glandulaire est assez ferme et granuleuse sous les doigts, mais il se déchire facilement.

         À la coupe, cette glande est bien visiblement parcourue sur presque toute sa longueur par le conduit pancréatique (canal de Wirsüng) qui fusionne avec le cholédoque au niveau de l’ampoule hépato-pancréatique (ampoule de Vater). Cette dernière, nous l’avons vu, s’ouvre par la papille majeure (grande caroncule) dans le duodénum (D2) (Fig. 12-16 et 27-29). Un conduit pancréatique accessoire (canal de Santorini), mais finalement assez inconstant, peut aussi aboutir au duodénum par l’intermédiaire d’une papille mineure (petite caroncule).

         La glande pancréatique est à la fois endocrine et exocrine. Sa fraction exocrine sécrète un suc digestif comprenant de la lipase, de l’amylase et des pro-enzymes de protéases. Sa fraction endocrine libère l’insuline et le glucagon dans la circulation générale (actions régulatrices sur la glycémie).

  

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         Pharmacopée. — Dans un registre thérapeutique pas si ancien (XIXe-XXe), il faut aussi se rappeler que le pancréas a été utilisé en opothérapie, notamment en interne dans les insuffisances digestives, les pancréatites aiguë ou chronique, le cancer du pancréas, dans certaines diarrhées tenaces, le diabète, et même la tuberculose. En pédiatrie, il faut ajouter la dyspepsie des nourrissons, l’intolérance digestive vis-à-vis du lait, et l’alimentation rectale. En externe, il possède une action antiseptique (action bactéricide de la trypsine). À titre d’exemple, voir encore de nos jours l’alphachymotrypsine [liv], qui est bien une enzyme protéolytique d'origine pancréatique et qui était utilisée en France pour ses propriétés anti-inflammatoire et anti-œdémateuse. Voir encore aussi très récemment : Kreon fur kinder 60 mg glé. susp. buv. fl. [ATUn] (pancréatine d'origine porcine) [lv].

 

 


 

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         La conception égyptienne. — Si l’on comprend très bien que comme nous, modernes, les savants égyptiens purent concevoir une sous-unité en forme de tuyau anatomique et fonctionnel traversant le tronc, l’on peut se demander pourquoi la glande pancréatique y semble adjointe.

         Déjà simplement, sa taille ne peut pas la dissimuler au regard.

p[lvi][lvii]

         De plus, sa couleur est à peine différente de son milieu duodénal à la dissection. En ce qui concerne les rapports anatomiques postérieurs du pancréas, il faut rappeler ici l’environnement graisseux rénal, avec la graisse péri-rénale, puis, derrière, la graisse para-rénale. Chez l’animal, en l’occurrence le bœuf gras, les rognons sont prélevés avec la graisse « zḫn » semblant l’entourer de toute part. À la dissection, cette graisse affermie est également d’autant plus visible chez l’homme qu’il est corpulent et âgé. Elle est aussi plus abondante chez la femme. On peut alors penser à la conception d’une « (zone) zḫn » englobant le pancréas et la graisse proximale péri-rénale qui n’est pas blanche. Il était en effet, à cette époque, difficile de toujours bien percevoir les très fines zones séreuses de clivages naturels, d’autant qu’à ce niveau, les feuillets sont assez éloignés. Il ne semble donc pas les séparer. En somme, chez l’homme, on aurait alors à faire à un pancréas enrobé, ou tout au moins, pris dans cette graisse spéciale vascularisée, en arrière, en haut et en bas de sa partie moyenne. Nous allons voir plus loin que cela n’est pas impossible.

         En ce qui concerne les hésitations de traductions, et pour celles qui préconisent des localisations plus hautes, il faut savoir également, qu’à distance, les glandes salivaires ont une couleur analogue et un toucher proche de celui du pancréas, qui a d’ailleurs été appelé pour cette raison autrefois « la glande salivaire abdominale » [lviii]. Par exemple, lisons ce qu’en disait un grand anatomiste : « Des analogies non moins multipliées existent, sous le rapport de la structure, entre le pancréas et les glandes salivaires, et justifient pleinement la dénomination de glande salivaire abdominale qui lui a été donnée par Siébold : même couleur blanchâtre, même densité, même disposition en lobules susceptibles de se diviser en granulations. L'identité est telle qu'il serait impossible de distinguer une portion de pancréas d'une portion de glande salivaire. Soumis l'un et l'autre à la coction, ils présentent le même aspect et la même saveur. Point de capsule fibreuse proprement dite, mais lamelles fibreuses qui séparent les lobules et les granulations : tissu cellulaire séreux assez abondant. Il n'est pas rare de rencontrer une certaine quantité de graisse, soit à la surface, soit dans l'épaisseur du pancréas ; j'ai même vu des cas d'atrophie de cet graisse panorgane dans lesquels la graisse semblait avoir pris la place des grains glanduleux » [lix]. Il faut donc noter à cette occasion, l’extrême proximité des graisses pancréatiques moyennes, supérieures et inférieures, avec la graisse péri-rénale inférieure et antérieure (Fig. 26 et 29).

 

 


 

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         Et encore, pour les localisations hautes, il faut ajouter que pancréas ne peut pas être confondu avec le thymus ou la glande thyroïde de consistances molles et de couleurs différentes (rosé-gris à rouge lie de vin pour le thymus, et assez rouge pour la thyroïde). En revanche, le thymus, et une formation tumorale lipomateuse péri-thyroïdienne, étaient probablement, en ce temps là, susceptibles de rappeler la graisse péri-rénale rougeâtre en raison de l’absence de connaissances micro-histologiques. Il n’est donc pas impossible que les anatomistes pharaoniques aient emprunté par analogie une dénomination commune « zḫn » pour nommer des glandes rouges situées au voisinage du cou, ainsi que peut-être aussi les glandes salivaires à l’instar de nos anatomistes du XVIIIe siècle, et dont les propos étaient encore rappelés il n’y a pas si longtemps [lx]. Nous aurions alors déjà un double essai égyptien de classement biologique des tissus des organes : en somme, une paléo-histologie par couleurs, et par consistances, plus d’autres encore où les graissent jouent pareillement un rôle important. J’y reviendrai.

         Existait-il également une raison clinique ? Par exemple, la douleur très importante d’une pancréatite est localisée en barre dans toute cette région abdominale. Le tableau clinique tient alors à la fois de l’occlusion intestinale et de la péritonite. Il se pourrait aussi que les anciens aient imaginé une zone dite « zḫn », à gauche (sans la rate, en raison d’un autre axe hépatho-splénique et spléno-porte), comprenant le pancréas en avant et la loge rénale en arrière. Et ceci, en raison de l’impossibilité à cette époque de différencier un état pathologique d’origine pancréatique (coma hyperglycémique), d’un autre provenant d’une anomalie de la loge rénale (coma urémique). Car nous savons aujourd’hui qu’une fonte importante de la graisse péri-rénale entraîne une chute du rein dans sa loge (néphroptose), ce qui occasionne des torsions et des coudures de l’uretère, du bassinet et des artères, puis parfois secondairement, un blocage rénal grave en ces temps anciens. J’en reparlerai. Cette pathologie (sensible à gauche) viendrait compléter en miroir le coma hépatique (sensible à droite) que les médecins égyptiens étaient amenés à rencontrer plus souvent. De plus, un cancer de la tête du pancréas peut bloquer la vésicule biliaire et entraîner un ictère, voir appuyer sur la veine porte …

 

         Le pancréas a donc bien été repéré par les médecins au cours de leurs exercices pédagogiques et dans la pratique courante, et probablement, pour toutes ces raisons à la fois : anatomiques, anatomophysiologiques, anatomopathologiques, et pathologiques.

 

         Mumiologie. — Ainsi, au premier temps de l’éviscération pour momification – et après l’ouverture de la cavité péritonéale, puis l’exposition externe par l’incision des portions mobiles intestinales afin de trancher les pédicules vasculaires du mésentère et des mésocolons – cette glande devait être emmenée avec le duodénum (comme une sorte de gros appendice) et le reste du grêle [lxi]. Tout cela, avant le stade de l’exérèse hépatique. Car il faut aussi savoir, que le « bloc duodéno-pancréatique » ne peut être séparé en plusieurs éléments distincts que par une dissection extrêmement fine et attentive très chronophage, et encore, que très imparfaitement. Et ceci, au point que chirurgicalement encore de nos jours, et en pratique, une exérèse totale de la tête du pancréas entraîne irrémédiablement l’ablation concomitante du duodénum trop difficile à séparer, même dans un bloc opératoire moderne. On réalise donc de fait, une duodéno-pancréatectomie. Cet ensemble viscéral lié, constituait donc bien légitimement pour les premiers dissecteurs égyptiens qui ont transmis une partie de leurs savoirs techniques aux embaumeurs, un très bon paquet candidat homo-canopique.

 

         Cependant, l’aspect mortuaire ne préjuge en rien d’une distinction anatomique propre de l’organe zḫn, géographiquement situé dans une zone zḫn, et dans un contexte paléo-histologique zḫn regroupant des familles tissulaires de mtw organes pleins et d’autres graisses d3 spécifiques et d’enveloppements, viscères environnés ou même composés de chairs jwf /ʿw.

 

 


 

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[i] R.-A. Jean, « Anatomie humaine. La tête et le cou – I, Les parties superficielles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 28 Avril 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – II, Ostéologie et parties molles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 27 mai 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – III, Atlas anatomique égyptien commenté (1) La tête, les parties superficielles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 13 juin 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – IV, Atlas anatomique égyptien commenté (2) La tête, ostéologie et parties molles », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 20 juin 2015 ; — « Anatomie humaine. La tête et le cou – V, Atlas anatomique égyptien commenté (3) Le cou », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 30 septembre 2015.

[ii] Pour plus de détails en anatomie moderne, on se reportera naturellement à : H. Rouvière, Précis d’anatomie et de dissection, Paris, 1978, p. 99-105 pour les parotides, p. 15-16, 33, 48 pour les sous-maxillaires, et p. 208-211 pour les sublinguales ; H. Rouvière, A. Delmas, Anatomie humaine descriptive, topographique et fonctionnelle, I, Tête et cou, Paris, 2002, p. 478-4487  ; P. Kamina, Anatomie clinique, II, Tête, cou et dos, Paris, 2013, p. 301-307.

[iii] Hannig-Wb I & II,1 - 12624 « Speichel … » (salive …).

[iv] Wb I, 134,19 et voir 135,16 ; Alex. 78.0502, « salive, crachat » ; Hannig-Wb I & II,1 - 3965 « Speichel, Ausgespieenes, Auswurt » (salive, vomi, éjection liquide).

[v] Wb I, 135, 14-16 ; Alex. 78.0506 « cracher », 79.0354 « expectorer » ; Hannig-Wb I & II,1 - 3985 «aushusten, ausspeien » (toux, crachat) ; PtoLex. p. 113 « to spit, spew out » (Cracher, vomir).

[vi] Wb V, 297,9 ; Alex. 77.4800 « salive » ; Hannig-Wb I & II,x - 37075 « Speichel » (salive) ; PtoLex. p. 1141 « to spit, to pour out » (cracher, verser) . Voir aussi le mot tf « cracher » (Wb V, 297,6-8 ; Alex. 77.4568), et tfn « cracher » (Wb V, 229, 8-14, PtoLex. p. 1141).

[vii] Jomier 1976, p. 49 ; Boutros 2000, p. 67.

[viii] A. De Biberstein Kazimirski, Dictionnaire Arabe-Français, 2 vol., Librairie du Liban, Beyrouth, 1860 ; D. Reig, Dictionnaire arabe-français et français-arabe, Paris, 1983.

[ix] Roper 1928, p. 241.

[x] Vycichl 1983, p. 225 « Le mot est représenté dans 5 groupes chamito-sémitiques, ce qui est extrêmement rare.

[xi] Wb I, 134, 7-8 ; Alex. 79. 0350 « salive », et aussi « eau de l’inondation » ; Hannig-Wb I & II,1 - 3957 « Geifer, Speichel » (bave, salive) ; PtoLex. p. 113 « spittle, water » (salive, eau) ; Voir aussi jsd « cracher » (Wb I, 134, 7-8 ; Alex. 78.0495).

[xii] Hannig 1995, p. 405 « Speichel  » (salive).

[xiii] Psg : Wb I, 555, 4-14 +15 (psg/pgs)  ; psg : Alex. 77.1494, 78.1521, 79.1042 « expulser un liquide, cracher », psg(t) : Alex 77.1495 « cracher, salive » (connu uniquement sous la forme pgs) ; Hannig-Wb I - 11382 « Spucke, Speichel » (crachat, salive). Hannig-Wb II - 11374 pzg/psg « anspucken » (cracher sur). PtoLex. p. « to spit out » (cracher). Takács, 48,2, 2001, p. 515-516.

[xiv] Erichsen 1954, p. 154, dém. pks.t « salive ».

[xv] KoptHWb p. 159 ; Vycichl 1983, p. 168, ⲡⲁϭⲥⲉ, ⲡⲁⲧⲥⲉ S « salive ».

[xvi] Hannig-Wb II,2 - 31299 « Speichel » (salive).

[xvii] Wb II, 319,4 ; Alex. 78.2217, « salive », 79.1616 et aussi « semence, rejeton » ; PtoLex. p. 543 « spittle » (salive) ; Hannig 1995, p. 430 « Speichel » (salive). Voir aussi n : Wb II, 318,14 ; Alex. 77.2191 « cracher » ; Hannig-Wb II - 16368 « heraustropfen (des Speichels) » (gouttes - de salive), Hannig-Wb I - 16368, 16369, et, « cracher ».

[xviii] Alex. 78.0024 « * salive » ; Hannig 1995, p. 6 « * Speichel » (salive).

[xix] Hannig 1995, p. 492 « * Speichel » (salive).

[xx] Wb II, 53,6-9 ; Lefebvre 1952, § 20 p. 19 ; FCD, p. 105 « spittle » (salive) ; Alex. 77.1678, 78.1683 mwjt « liquide, urine » ; Hannig-Wb I & II,1 - 12646 « Flüssigkeit » (du liquide) ; Hannig 1995, p. 330 mwyt-r3 « Speichel » (salive) ; KoptHWb p. 86 ; Vycichl 1983, p. 107 et 126-127. Ce mot provient évidemment de mw « eau ». Takács, III, 2008, p. 196, p. 195-202.

 

 


 

21

 

[xxi] Dans ce texte du pEbers 855b, c’est bien entendu « l’eau de la bouche » qui est nommée, c’est à dire, la « salive », « sécrétion aqueuse », dont les médecins de l’époque pouvaient penser que le surplus manifeste (« humidité » : Bardinet 1995, p. 94), pouvait, dans certains cas, traduire, ou occasionner (eau générale présente dans le jb) une surcharge cardiaque, et nous le verrons, pneumo-cardio-vasculaire, ce qui est bien le cas dans l’OAP (œdème aigu du poumon).

[xxii] Alex. 78.0500 * « extraire, retirer » ; Hannig-Wb I & II,1 - 3960 « herausziehen » (extraire).

[xxiii] Hannig-Wb II,1 - 11374 « bespeien, anspucken (aus Verachtung, zur Heilung, zum Schaden) » (cracher sur, cracher de mépris, pour la guérison, pour les dommages).

[xxiv] Wb I, 555,17 ; Alex. 79.1043 « crachoir ». Voir : J. Janssen, Commodity prices from the Ramesside period. An economic study of the village of necroplis workmen at Thebes, Leiden, p. 429.

[xxv] N. Yamazaki, Zaubersprüche für Mutter und Kind, Papyrus Berlin 3027 (Achet-Verlag, Schriften zur Ägyptologie 2), Berlin, 2003, p. 30-31.

[xxvi] Cette malformation congénitale est relativement fréquente puisqu’elle concerne 1 nourrisson sur 3000 de nos jours : J.N. Mcheik, G. Levard, « Pathologie chirurgicale et congénitale de l’œsophage », Encyclopédie Médico-chirurgicale, Éditions Scientifiques et Médicales Elsevier SAS, Paris, Pédiatrie, 2001, 4-017-A-10. Voir aussi le travail de Myriam Guérin : Dépistage en salle de naissance de l’atrésie de l’œsophage. Gynécologie et obstétrique, Université d’Angers, École de sages-femmes René Rouchy, Angers 2011.

[xxvii] A. Marshall, « De l’efficacité de manger une souris cuite », Memnonia, XXIV, Le Caire, 2014, p. 209-214. À lire également en ligne sur Academia :

https://www.academia.edu/10219201/_De_l_efficacité_de_manger_une_souris_cuite_Memnonia_XXIV_pp._209-214.

[xxviii] Voir par exemple : J. H. Taylor (Ed.), Journey Through the Afterlife, London, 2010, fig. 2 p. 19 en haut à droite (premier registre).

[xxix] R.-A. Jean, À propos des objets égyptiens conservés au Musée d’Histoire de la Médecine, Université Paris V, Paris, 1999, p. 47-51.

[xxx] Wb II, 44, 11-14 ; Lefebvre 1952, § 38 p. 33-34 ; Lacau 1970, § 406 p. 150 ; Alex. mjzt : 77.1656, 79.1164 « le foie » ; Walker 1996, p. 269 « liver » (foie) ; Hannig-Wb I & II,1 - 12501 « Leber » (le foie) ; PtoLex. p. 412 « liver » ; Erichsen 1954, p. 187, dém. mws « foie ». Takács, 48-3, 2008, p. 158-161.

[xxxi] Sethe 1908-1922, I, Sp. 132 § 82 d, p. 47. Allen 2013, II, PT 132 § 82 d. Spellers 1923, I, p. 9. Faulkner 1969, p. 27. Carrier, I, 2009, Ounas, p. 36-37 ...

[xxxii] KoptHWb p. 107 ; Vycichl 1983, p. 127, ⲙⲁⲟⲩⲥⲉ, ⲙⲁⲟⲩⲥⲓ O, « un organe du corps, probablement le « foie ».

[xxxiii] Th. Bardinet, « Le niveau des connaissances médicales des anciens Égyptiens », dans Égypte, Afrique et Orient, 71, septembre 2013, p. 41.

[xxxiv] R.-A. Jean, « Le système respiratoire en Égypte ancienne (7) Physiopathologie (1) Associations pneumo-hépato-splénique et cardio-circulatoires », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 21 avril 2014, p. 7-9 + fig. 9 ; — « Anatomie humaine. L’abdomen - III, Splanchnologie II », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 30 novembre 2016, p. 4, et fig. 20 p. 13. C’est ce que veut nous dire le texte, son sens profond, en effet, il n’y a aucune raison objective pour que les savants de l’époque n’ai pas reconnu également les membranes entourant les autres viscères « enveloppés » comme le foie ou les intestins.

[xxxv] Voir pour la dissection de cette partie spéciale : H. Rouvière, Précis d’anatomie et de dissection, Paris, 1978, p. 581-582, et fig. 308 p. 599, 310 p. 601, 279 p. 550, et 295 p. 582s. Voir pour la momification et l’extraction hépatique : Fr. Janot, Les instruments d’embaumement de l’Égypte ancienne, IFAO 844, Le Caire, 2000, p. 203, et photos 74-76 p. 283. « Cette action difficile a demandé un certain coup de main et une force importante » (p. 203).

[xxxvi] Sethe 1908-1922, II, Sp. 132 § 82 d, p. 47. Allen 2013, II, PT 132 § 82 d = B/Ne B iv 25-27 a (en bas dans la marge). Spellers 1923, I, p. 9. Faulkner 1969, p. 27. Carrier, I, 2009, Ounas, p. 36-37 ...

[xxxvii] N. Grimal, J. Hallof, D. van der Plas, Hieroglyphica - Sign List, Utrecht - Paris, 2000, signe D 279, p. 1 D - 3.

[xxxviii] Wb II, 94, 1-2 ; Lefebvre 1952, § 38 p. 34 ; Lacau 1970, § 406 p. 149 ; Alex. 77.1759 « estomac (?) » ; D. Meeks, Le foie, Maât et la nature humaine, Hermes Aegyptiacus. Egyptological Studies for B.H. Stricker, Oxford, 1995, p. 150, n° 8 ; Walker 1996, p. 269 « stomach » (estomac) ; Hannig-Wb II,1 - 13171 « inneres Organ - des Menschen und Säugetiere ; * Gallenblase ; * Magen » (un organe interne - de l'homme et des mammifères ; * vésicule biliaire ; * estomac). Takács, 48-3, 2008, p. 351-353.

 

 


 

22

 

[xxxix] Wb I, 394, 18, 2-5 ; Lefebvre 1952, § 38 p. 34 ; FCD, p. 73 « gall ; gall-bladder » (fiel ; vésicule biliaire) ; Walker 1996, p. 268 « gall-bladder » ; Hannig-Wb II,1 - 8930 « galle, gallenblase » (la bile, la vésicule biliaire).

[xl] Wb I, 460, 1-2 ; Lefebvre 1952, § 38 p. 34 ; FCD, p. 82 « gall » (fiel) ; Hannig-Wb II,1 - 9814 « Galle » (fiel). Takács, 48-2, 2001, p. 223-224.

[xli] R.-A. Jean, op.cit. 21 avril 2014, p. 7-9 + fig. 9 ; — op.cit. 30 novembre 2016, p. 4, et fig. 20 p. 13.

[xlii] Th. Bardinet, op.cit. septembre 2013, p. 41.

[xliii] Pour plus de détails en anatomie moderne, on se reportera naturellement à : H. Rouvière, Précis d’anatomie et de dissection, Paris, 1978, p. 578-590 ; H. Rouvière, A. Delmas, Anatomie humaine descriptive, topographique et fonctionnelle, II, Tronc, Paris, 2002, p. 460-489 ; P. Kamina, Anatomie clinique, III, Thorax et Abdomen, Paris, 2013, p. 289-312.

[xliv] Richard-Alain Jean, « Anatomie humaine. L’abdomen - V, Splanchnologie IV », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers, 31 janvier 2017.

[xlv] Je renvoie par exemple au travail de : D. Meeks, Le foie, Maât et la nature humaine, Hermes Aegyptiacus. Egyptological Studies for B.H. Stricker, Oxford, 1995, p. 145-156.

[xlvi] R.-A. Jean, L’Art vétérinaire et la naissance des bovins dans l’Égypte ancienne, Biltine, 1998 et réimpression anastatique en 2011 ; 3e édition revue et augmentée en 2012, p. 14-15 et texte égyptien page 8.

[xlvii] R.-A. Jean, A.-M. Loyrette, La mère, l’enfant et le lait en Égypte Ancienne. Traditions médico-religieuses. Une étude de sénologie égyptienne (Textes médicaux des Papyrus du Ramesseum n° III et IV), édité par Sydney H. Aufrère, L’Harmattan, Paris, 2010, tableau 33 p. 434.

[xlviii] R.-A. Jean, À propos des objets égyptiens conservés au Musée d’Histoire de la Médecine, Université Paris V, Paris, 1999 ; — , La chirurgie en Égypte ancienne. À propos des instruments médico-chirugicaux métalliques égyptiens conservés au Musée du Louvre, Éditions Cybele, Paris, 2012 ; — , « Anatomie humaine. L’abdomen - II, Splanchnologie - I, et Atlas », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers,25 octobre 2016, p. 6-7.

[xlix] Wb III, 470,14 - 471,2 ; Lefebvre 1952, § 22 p. 23 ; Lacau 1970, § 265-266 p. 102 ; Alex. 77.3813, 78.3764 « enveloppe graisseuse des rognons ? » ; Walker 1996, p. ; Hannig-Wb I & II,2 - 29773 « Nierenfett, Nierentalg, Bauchspeicheldrüse, Pankreas » (graisse de rognons, suif, pancréas, pancréas). Les hypothèses hautes (thymus, thyroïdes) se confondent avec un « amas graisseux » (pEbers 860. 105,2), et d’autres exposent que cette curieuse partie du corps n’est pas digne de constituer une offrande.

[l] Wb IV, 478,1-3, 420, après 13 et avant 14 dans l’édition de 1982 (!), et 421, 3-8 ; Hannig-Wb I (32265 et 32276) & II,2 - 32267 « Schot-Gebäck (in verschiedenen Forme und Arten ; Geg Brot), Schot-Kuchen, Fett und Honig » (pain, gâteau - de différentes forme ou styles ; pains - gâteaux à la graisse et au miel).

[li] Wb III, 471,2 ; Hannig 1995, p. 747, « Backwerk (oder Backform) » (moule) ; šʿyt ≈ e « Gebäck (* in der Form des Körperteils sḫn) » (gâteau - * sous la forme de la partie du corps sḫn). Donc, un pain, moulé en forme de cet organe.

[lii] Pour plus de détails en anatomie moderne, on se reportera naturellement à : H. Rouvière, Précis d’anatomie et de dissection, Paris, 1978, p. 589-594 ; H. Rouvière, A. Delmas, Anatomie humaine descriptive, topographique et fonctionnelle, II, Tronc, Paris, 2002, p. 489-500 ; P. Kamina, Anatomie clinique, III, Thorax et Abdomen, Paris, 2013, p. 313-322.

[liii] Voir aussi : R.-A. Jean, « Anatomie humaine. L’abdomen - III, Splanchnologie - II », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Angers,30 novembre 2016, p. 4 et fig. 4.

[liv] L’alphachymotrypsine est une enzyme protéolytique d'origine pancréatique provenant de l'activation de son zymogène précurseur, le chymotrypsinogène, sécrété par le pancréas. Endopeptidase du groupe des sérine-protéases, qui catalyse l'hydrolyse, à l'intérieur des chaînes protéiques, des liaisons peptidiques engageant le carboxyle des aminoacides aromatiques. Elle est inhibée par l'aprotinine. Propriétés anti-œdémateuses et anti-inflammatoires. Cette molécule n’est plus utilisée en thérapeutique en France, mais elle reste inscrite à la Pharmacopée Européenne (monographie PhE. 01/2016, 0476).

[lv] Cip : 3400959070357 , Laboratoire Solvay Arzneimittel GmbH (16/11/2016) : login/pass. (https://www.vidal.fr/Medicament/kreon_fur_kinder-102801.htm).

  

 


 

23

 

[lvi] Th. Bardinet, « Le niveau des connaissances médicales des anciens Égyptiens », dans Égypte, Afrique et Orient, 71, septembre 2013, p. 41 ; R.-A. Jean, « Le système respiratoire en Égypte ancienne (7) Physiopathologie (1) Associations pneumo-hépato-splénique et cardio-circulatoires », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Cherbourg, 21 avril 2014, p. 7-9 + fig. 9. Avec l’expression š3ryt formée sur š3(r)yt / š3t / š3wt, nous avons à la fois le nom d’un type de canal servant au transport des marchandises, et celui des bateaux de charge à fond plat servant à ces transports. Voir aussi par exemple le mot š3bt qui désigne une barque de transport de proximité faite de bottes papyrus. Donc étymologiquement, « le transporteur » ou « le transitaire ». Dans ce contexte anatomique particulier, il s’agit bien de désigner le « duodénum ».

[lvii] Alex. 78.4022 « barque » à fond plat. Hannig-Wb I - 32051 « Barke (Flachboot) » (barque, chaland).

[lviii] Ioanne Bartholomaeo Siebold, Historia systematis salivalis physiologice et pathologice considerati : accedunt ex eadem ducta corollaria chirurgica : cum II. Tabulis aeneis, ‪Libraria Academica, Ienae, 1797, p. 56.

[lix] J. Cruveilhier, Traité d’anatomie descriptive, Béchet jeune, Paris, 1843, tome III, p. 417.

[lx] F. M. Lemercier, Considérations physiologiques sur les fonctions de la digestion, ‪Levrault frères, Strasbourg, 1803, p. 49 ; Chaussier, Adelon, « Digestion », dans, Dictionnaire des sciences médicales, Panckouke, Paris, 1818, tome XIX, p. 427 ; P. Poirier, A. Charpy, B. Cuéno, Abrégé d’anatomie, Masson, Paris, III, 1909, p. 1319-1320.

[lxi] Et donc, sans section pédiculaire, puisque le passage d’une main longeant par sa tranche la face supérieure et dorsale de l’organe suffit à dégager les éléments vasculaires artériels provenant de l’artère splénique, et veineux se jetant dans la veine splénique.

 

 

 


 

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